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Financée par la Caisse de dépôt, WeWork se vide de son capital

Le PDG réduit sa participation dans l’entreprise à la veille de son entrée en Bourse

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Photo AFP Le PDG de l’entreprise WeWork, Adam Neumann, photographié ici dans un événement à New York en 2016, a encaissé plus de 700 millions $ US dans les dernières années, alors que son entreprise est financée par la Caisse de dépôt et placement du Québec.

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Financé à hauteur de 1 milliard $ US par la Caisse de dépôt et placement du Québec, le géant des bureaux partagés WeWork était ébranlé hier par une crise concernant les décisions financières de son PDG, Adam Neumann.

Le cofondateur de WeWork aurait en effet encaissé plus de 700 millions $ US de sa participation dans la société au cours des dernières années, alors que l’entreprise prépare son entrée en Bourse.

Le jeune homme d’affaires aurait agi en vendant plusieurs de ses actions et en endossant de la dette au capital de l’entreprise, rapporte le Wall Street Journal. Un geste très inhabituel, surtout compte tenu de l’importance des sommes impliquées.

Habituellement, les fondateurs d’entreprises en démarrage attendent généralement l’introduction en bourse avant de monnayer leurs avoirs.

M. Neumann demeure l’actionnaire le plus important de l’entreprise de location d’espace de travail partagé, mais le quotidien financier américain n’était pas en mesure de préciser à quelle hauteur. Un peu partout dans le monde, WeWork loue à long terme des espaces de bureaux pour les convertir en espaces de travail branchés où entrepreneurs, consultants et pigistes peuvent s’installer, pour un après-midi ou pour quelques mois à la fois.

1 milliard $ d’argent québécois

L’entreprise vient tout juste de compléter une nouvelle ronde de financement dans laquelle le bras immobilier de la Caisse de dépôt, Ivanhoé-Cambridge, joue un rôle majeur. Le nouveau partenariat, nommé ARK, totalise 2,9 milliards $ US. Un tiers de cette somme provient du bas de laine des Québécois.

Pour Ivanhoé Cambridge, cet investissement est majeur, puisqu’il représente un peu plus de 2 % de ses actifs à l’heure actuelle.

Pourtant, la direction de l’investisseur institutionnel n’a pas semblé se formaliser de la situation soulevée par le Wall Street Journal.

Pressé de questions par Le Journal, Ivanhoé-Cambridge ne nous a pas accordé d’entrevue.

Dans un courriel, le vice-président exécutif, Résidentiel, Hôtels et Fonds d’investissements immobiliers Ezio Sicurella a toutefois estimé que « la marque est robuste ».

« Cela ne change rien à notre stratégie d’investissement. ARK compte sur une équipe chevronnée de professionnels dédiés, et nous nous sommes assurés que la gouvernance soit exemplaire. »