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Vacances sauvées à la Sépaq

La conclusion d’une entente de principe évite au dernier moment la grève de 1500 employés

L’abandon de la grève a permis à Bruce Lemay et Louise-Line Leterrier, de Québec, d’admirer la vallée de la Jacques-Cartier sur l’eau, à bord d’un kayak de la Sépaq, samedi.
Photo Didier Debusschère L’abandon de la grève a permis à Bruce Lemay et Louise-Line Leterrier, de Québec, d’admirer la vallée de la Jacques-Cartier sur l’eau, à bord d’un kayak de la Sépaq, samedi.

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Avec étonnement et un énorme soulagement, des milliers de vacanciers ont appris, samedi, que la grève était évitée dans 23 parcs nationaux et deux stations touristiques de la Sépaq.

La Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) et le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) en sont arrivés à une entente de principe, un peu avant 4 heures du matin, prenant tout le monde par surprise.

Par une chaude journée d’été, et alors que des dizaines de milliers de Québécois venaient de tomber en vacances, de nombreux visiteurs ont finalement pu se rendre dans les établissements de la Sépaq et profiter de presque tous les services, un scénario qui paraissait encore impensable la veille.

« C’est un soulagement, parce que, justement, on s’en va louer un canot cet après-midi. On veut profiter de la rivière », a partagé l’occupante d’un espace de camping, Louise Asselin, au parc national de la Jacques-Cartier, où la location d’embarcation, notamment, devait être interrompue en cas de grève.

Le pire évité

Beaucoup de vacanciers avaient réservé il y a des mois leur séjour au parc national, au nord de Québec. Seulement quelques heures plus tôt, des employés les avaient prévenus de possibles perturbations en matinée. Un rassemblement syndical était d’ailleurs au programme.

« Tard, on est allés au centre d’accueil, et ils disaient : demain [samedi], ce sont les administrateurs qui vont rentrer, ça se peut qu’on ne soit pas là, ça risque d’être un peu le chaos », raconte Michelle Goyet qui occupait un espace de camping avec plusieurs membres de sa famille.

Tout cela ne s’est finalement pas avéré. Quelque 300 employés qui débrayaient depuis mercredi au siège social et dans quelques sites ont mis fin à leurs protestations, alors que 1500 autres salariés qui devaient les rejoindre ont renoncé à la grève. 

Les détails de l’entente ne sont pas connus. Celle-ci doit encore recevoir l’approbation des syndiqués, mais déjà, leur président, Christian Daigle, se montre « satisfait » de ce qu’elle contient.

Retour à la normale

Les employés demandaient des augmentations salariales et un rattrapage financier, entre autres. 

Encore mardi, le fossé apparaissait grand entre les parties, mais l’arrivée d’un conciliateur a fait bouger les choses.

La Sépaq pense que le retour à la normale sera complété dimanche. « Toutes les réservations sont honorées. Le système de réservation fonctionne à 100 % et on invite les gens à venir profiter de la beauté de ces joyaux naturels », a affirmé le porte-parole de la société d’État, Simon Boivin, à TVA Nouvelles.

Des employés contents d’échapper à la grève

Bien qu’ils n’aient pas pu en prendre connaissance encore, les travailleurs de la Société des établissements de plein air du Québec (Sépaq) apparaissent satisfaits de la conclusion d’une entente avec leur employeur.

Au parc national de la Jacques-Cartier, samedi, plusieurs étaient heureux de ne pas avoir à débrayer, au risque de gâcher les vacances de milliers de Québécois. 

« L’objectif, c’était de mettre de la pression pour obtenir une meilleure offre, et ça semble avoir fonctionné, donc on est contents. La grève, on ne la fait pas parce que c’est agréable », a lancé un syndiqué, qui a préféré ne pas se nommer.

Le jeune homme, qui occupe un poste d’étudiant à la location d’embarcations nautiques, affirme qu’un rattrapage salarial était plus que nécessaire. 

Jeudi, la Sépaq avait publié sur son site web une liste de 16 sites d’hébergement qui auraient été fermés en cas de grève. Une entente avec l’employeur signifie que 350 familles pourront finalement profiter de ces installations comme prévu.

Compréhension

Au parc national de la Jacques-Cartier, il n’était pas question de fermer l’accès aux sites de camping, mais plutôt d’interrompre la location d’embarcations nautiques et de vélos, de même que les activités de découverte. 

De quoi assombrir les vacances de plusieurs.

Même si cette menace a inquiété les vacanciers, ces derniers se montraient néanmoins compréhensifs, samedi.

« Le coût de la vie est énorme. Si ton salaire n’augmente pas, le gaz, lui, il augmente pareil, alors qu’est-ce que tu fais ? », demandait Luc Foucault, se disant « très content pour les employés ».

Goût amer

Le conflit laisse tout de même un goût amer à certains usagers, notamment pour un groupe d’une quarantaine d’adolescents en provenance de la France, qui n’ont pas pu descendre la rivière Jacques-Cartier en rabaska comme ils l’avaient planifié.

« On a appelé samedi [vendredi] et on nous a dit qu’on ne pouvait rien réserver parce qu’il y avait grève. Du coup, on n’a pas réservé », a expliqué l’une des accompagnatrices, Marine Piol.