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Partir en voyage pour traiter l’anorexie et la boulimie

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TROIS-RIVIÈRES | Un petit groupe d’adolescentes françaises qui souffrent d’anorexie ou de boulimie parcourra le Québec en octobre prochain dans le cadre d’un projet pilote de l’Université du Québec à Trois-Rivières qui vise à noter les impacts d’un voyage sur ces maladies.

«Les troubles alimentaires sont des obsessions et les personnes qui en souffrent ne sont pas portées naturellement à changer leurs habitudes. Le but du voyage, c’est une manière de les obliger à sortir de leur quotidien et ainsi les amener à développer de nouvelles habitudes de vie qu’elles pourront garder après le voyage», a expliqué Leila Mostefa-Kara, une étudiante à la maîtrise en culture, loisir et tourisme à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Leila Mostefa-Kara, étudiante à la maîtrise en récréologie
Photo courtoisie
Leila Mostefa-Kara, étudiante à la maîtrise en récréologie

Un projet prometteur

Son projet d’étude, qui est appuyé par le Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les troubles du comportement alimentaire de l’UQTR, a été inspiré par «La croisière des guerrières» qui a cours depuis 2010 en France.

Avec l’initiative d'un centre hospitalier de Bordeaux, une dizaine d’adolescentes aux prises avec l’anorexie sont appelées à vivre ensemble pendant quelques jours sur un bateau de croisière au large de la Côte d’Azur. Elles doivent cuisiner et elles sont amenées au cours de leur séjour à avoir toutes sortes d’autres préoccupations qui finissent par leur faire oublier leur maladie. À la fin, le centre hospitalier de Bordeaux note que plusieurs filles finissent par se sortir de l’anorexie après cette expérience.

«Les résultats de ce projet sont concluants, mais ce n’est pas une étude scientifique. C’est pour ça qu’avec mon projet, on veut aller plus loin en observant les réactions dans le détail de chacune des participantes», a précisé Leila Mostefa-Kara, qui travaille aussi en étroite collaboration avec la Croix-Rouge.

Rien de miraculeux

Elle reconnaît cependant que l’étude pourrait ne pas donner les résultats escomptés. Déjà fragiles, certaines filles pourraient se replier sur elles à cause du déracinement que provoque un voyage.

D’autres risquent de faire des progrès durant leur séjour au Québec, mais de renouer avec leurs démons à leur retour dans l’Hexagone.

«Je n’ai vraiment pas la prétention de pouvoir guérir l’anorexie et la boulimie, qui sont des maladies très complexes», a assuré l’étudiante de l’UQTR.

Du côté du Laboratoire de recherche interdisciplinaire sur les troubles du comportement alimentaire, le Loricorps, on attend les résultats de cette étude avec prudence, mais on se permet d’être optimiste.

«Si le projet s’avère concluant, le voyage pourrait à l’avenir être proposé aux patientes à la fin de leur thérapie afin de consolider dans la vie courante ce qu’elles ont appris durant leur traitement», a laissé entendre la directrice du Loricorps, Johana Monthuy-Blanc. Elle a tenu à rappeler qu’une thérapie sur deux se solde par une rechute.