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Du «jus de merde» déversé dans un secteur prisé des kayakistes

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Un groupe de kayakistes n’en revient toujours pas d’avoir été témoins d’un déversement d’eaux usées dans la rivière du Diable, dans le secteur de Saint-Jovite, à Mont-Tremblant, un secteur pourtant prisé par les plaisanciers.  

Karine Loyer était avec deux amis lorsqu’ils ont arrêté leur kayak tout juste en arrière de la bibliothèque Samuel-Ouimet, le 5 juillet dernier, afin d’aller admirer un ruisseau à proximité.   

Mais en revenant vers leur embarcation, la rivière du Diable n’était plus dans la même condition, elle était pleine de «jus de merde», pour reprendre les mots de la kayakiste.   

«Je me souviens qu’en mettant les pieds dans la bouette, ça sentait très mauvais», a raconté la citoyenne de Rivière-Rouge, en entrevue avec TVANouvelles.ca.   

«L’eau était devenue d’un gris opaque, c’était dégueulasse, on voyait des excréments dans l’eau», a ajouté Mme Loyer.   

Comme le déversement avait saboté une partie de la plage, les plaisanciers ont eu du mal à atteindre les kayaks, qui ont même failli être emportés par le courant engendré par le flot d’eaux usées.   

Les citoyens se sont alors dirigés immédiatement vers les bureaux de la Ville de Mont-Tremblant, situés à côté du site du déversement.   

Le directeur du Service de l’environnement et du développement durable à la Ville de Mont-Tremblant leur aurait dit que la Ville avait «droit à un certain pourcentage d’eaux usées à déverser ainsi». «Tu es payé pour protéger l’environnement et tu endosses ça», a lancé la citoyenne, interrogée par TVANouvelles.ca.   

Pour elle, il est inconcevable qu’en 2019, des déversements d’eaux usées aient lieu dans des zones où les baigneurs et les kayakistes sont nombreux, dans un secteur aménagé spécialement pour eux. «Nous sommes en 2019, à l’ère de prendre soin de notre environnement. Il semble que ceux qu’on paye pour le faire ne soient pas tant soucieux de l’environnement», a plaidé Mme Loyer.   

Un des kayakistes est retourné sur les lieux, la semaine dernière, et a constaté l’ajout d’une affiche interdisant la baignade dans ce secteur.   

La Ville a même installé une barrière «pour empêcher qu’on se mette les pieds dans la merde», a expliqué la citoyenne.   

  

  

Travaux à la station de pompage   

La Ville de Mont-Tremblant a confirmé à TVA Nouvelles qu’une «courte surverse d’une durée de 6 minutes a malheureusement été nécessaire» en raison de travaux effectués à la station de pompage.   

«Par malheur, le lendemain de ces travaux, des pluies abondantes ont engendré une seconde surverse, a soutenu Catherine Fortin, adjointe aux communications et relations publiques pour la Ville. Ce qui a causé deux surverses en peu de temps, ce qui est très inhabituel. Ces surverses ont permis de découvrir que l’exutoire du tuyau de surverse menant au cours d’eau est entièrement bloqué par une accumulation de sédiments.»   

Mont-Tremblant a affirmé que ces déversements ne sont «pas souhaitables» et qu’elle tente «par tous les moyens de les éviter et d’en réduire le nombre.   

D’ailleurs, dès mardi, la municipalité entamera des travaux «visant à nettoyer l’exutoire du conduit de la station de pompage principale». Aucune surverse d’eaux usées ne sera effectuée dans le cadre de cette opération, a indiqué la Ville de Mont-Tremblant.   

La municipalité a également tenu à préciser que «la baignade a toujours été interdite à la plage du parc au Fil-de-l’Eau, essentiellement en raison de l’absence d’un sauveteur».