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Un ex-ministre vedette d’Harper au CA d’une firme de cryptomonnaie

Alt 5 Sigma veut créer un centre de données de 100 M$ US au Québec

Lawrence Cannon
photo d’archives, Agence QMI Lawrence Cannon, qui a été ministre des Affaires étrangères sous Stephen Harper, siège au conseil d’administration d’une entreprise américaine qui offre des services d’achat et de vente de monnaies virtuelles comme le Bitcoin, le Litecoin ou le Ripple.

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L’ex-ministre des Affaires étrangères de Stephen Harper, Lawrence Cannon, est l’un des administrateurs de la firme new-yorkaise de cryptomonnaie Alt 5 Sigma, qui veut implanter un centre de 100 millions de dollars américains ici, a appris Le Journal.

«C’est un projet qui pourrait s’élever à plus de 100 millions de dollars américains», a confirmé au Journal Jérôme Cliche, qui fait partie du comité-conseil de Alt 5 Sigma, qui compte l’ancien ambassadeur du Canada Lawrence Cannon parmi ses administrateurs.

Figure vedette du Parti conservateur de Stephen Harper, Lawrence Cannon est un collaborateur de l’émission Mordus de politique diffusée sur les ondes d’ICI Radio-Canada. Il fut l’un des personnages clés du gouvernement conservateur Harper.

Or, même s’il siège au conseil d’administration de la société Alt 5 Sigma, Lawrence Cannon n’est pas au courant du projet parce que celui-ci est encore à un stade préliminaire, explique M. Cliche.

«Il ne sera d’aucune utilité pour vous parler de ça. Il ne le connaît même pas», assure l’homme au Journal.

Jérôme Cliche ajoute que même si c’est le nom Alt 5 Sigma qui figure au Registre des lobbyistes du Québec, la compagnie entreprend les démarches pour une autre société américaine, qui souhaite installer un centre de 100 mégawatts au Québec.

«Alt 5 Sigma est un intermédiaire pour faciliter la venue d’une entreprise majeure américaine qui veut venir s’implanter ici», explique-t-il, sans pouvoir dire de quelle il s’agit.

Pour l’instant, tout ce que l’on sait, c’est que la compagnie a «de nombreux centres de données qui sont opérationnels à travers les États-Unis».

On ignore combien d’emplois pourraient être créés par son arrivée.

Comme bien des sociétés de cryptomonnaie, c’est une fois de plus l’énergie propre à faible coût qui semble avoir poussé la firme à jeter son dévolu sur la Belle Province.

Alt 5 Sigma ne s’en cache pas, elle salive à l’idée d’avoir droit aux « tarifs d’électricité concurrentiels » offerts chez nous et a l’œil sur d’autres incitatifs fiscaux, en plus d’être attirée par la qualité de la main-d’œuvre.

D’autres Québécois

En plus de compter dans ses rangs l’ex-ministre vedette de Stephen Harper Lawrence Cannon, Alt 5 Sigma a réussi à attirer d’autres Québécois de divers horizons.

Son PDG est l’homme d’affaires André Beauchesne, cofondateur de l’agence Bos. L’éthicien René Villemure est aussi l’un des administrateurs de la société.

Si le projet de 100 mégawatts mis de l’avant par Alt 5 Sigma se concrétise, il deviendrait le plus important de la province. En comparaison, Bitfarms a des installations totalisant 36 mégawatts et a un site de 30 mégawatts en construction à Sherbrooke.

Rappelons qu’Hydro‐Québec a mis 300 mégawatts à la disposition des entreprises de chaînes de blocs dans le cadre d’un processus de sélection.

Alt 5 Sigma

  • Siège social : New York
  • Bureaux : Montréal, Toronto
  • Partenaires : GardaWorld, IdentityMind, Grant Thornton Dunton Rainville, Deloitte, Microsoft Azure, GPL Assurance, RedChip, USAM Group