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À quand une offre sur SNC-Lavalin?

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Groupe SNC-Lavalin est devenu une proie facile pour les multinationales de l’ingénierie qui désirent effectuer des acquisitions d’envergure, en raison de la déconfiture du titre en Bourse. 

Facile à comprendre ! Quand c’est rendu que SNC-Lavalin ne vaut en Bourse que le prix payé pour l’une de ses 75 filiales, il est évident qu’elle risque de faire l’objet d’une offre publique d’achat (OPA). 

En cours de séance, hier, le titre de SNC-Lavalin a touché un creux de 14 ans et demi, en baissant à 20,05 $, pour une capitalisation boursière de seulement 3,5 milliards de dollars. 

Cela équivaut au prix payé en juillet 2007 (3,5 milliards $) par SNC-Lavalin pour faire l’acquisition de la britannique WS Atkins, qui, de l’avis de la direction de SNC, est l’une des entreprises de services-conseils les plus respectées du monde dans les domaines de la conception, de l’ingénierie et de la gestion de projet, tout en étant une chef de file dans les secteurs des infrastructures, du transport et de l’énergie. 

LA CAISSE NE PEUT BLOQUER 

SNC-Lavalin est d’autant une proie facile qu’il n’y a aucun actionnaire de contrôle. La Caisse de dépôt et placement du Québec a beau en être le principal actionnaire avec 19,9 % des actions, cela reste nettement insuffisant pour bloquer une éventuelle OPA sur SNC-Lavalin. 

Point important à souligner. Vu la sortie publique de la Caisse contre la décision de la haute direction de SNC-Lavalin de restructurer une fois de plus la compagnie à la suite de résultats financiers décevants, il est à se demander jusqu’à quel point la Caisse serait prête à mener le combat contre une OPA sur notre éclopé fleuron de l’ingénierie et de la construction d’infrastructures. 

Accusant depuis 13 mois des pertes sur papier de 1,2 milliard $ avec son placement dans SNC-Lavalin, on conviendra que la moindre offre d’achat relativement intéressante pourrait être bienvenue. Du point de vue financier, s’entend. 

 LES AUTRES GROS ACTIONNAIRES ? 

 Quoi qu’il en soit, même si le gouvernement de François Legault faisait pression sur la Caisse pour qu’elle mène la lutte contre une OPA sur SNC-Lavalin, on ne retrouve aucun autre actionnaire québécois qui détient un important bloc d’actions. 

 Oublions à ce moment-là la mise sur pied au Québec d’une opération de tentative de blocage d’OPA. 

 Les autres actionnaires importants de SNC-Lavalin ce sont des fonds institutionnels dont le siège social est à l’extérieur du Québec. 

 Au cours des derniers mois, le géant gestionnaire de fonds RBC Global Asset Management a effectué des achats massifs d’actions de SNC-Lavalin. Il détient actuellement 29,2 millions d’actions, soit 16,6 % des actions en circulation. 

 Parmi les autres gros actionnaires de SNC-Lavalin, on retrouve, entre autres, Fidelity, CIBC Asset Management, The Vanguard Group, Beutel Goodman & Co. 

 LES PRÉDATEURS 

 Maintenant, qui pourrait effectuer une OPA sur SNC-Lavalin ? 

 Évidemment, les sociétés qui lui font concurrence, dont AECOM, Balfour Beatty, Bechtel, Fluor Corporation, Jacobs Engineering Group Inc., McDermott International Inc., Wood et Worley Parsons Ltd, ACS Group, Ferrovial, Hochtief, Kiewit, Vinci Concessions, Ellis Don, Aecon Concessions... 

 Au Québec, il y a la firme WSP Global (anciennement Genivar) qui pourrait manifester de l’intérêt. Sa capitalisation boursière est actuellement deux fois plus élevée que celle de SNC-Lavalin.