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L’avenir est aux DG créatifs et téméraires

Le directeur général des Maple Leafs, Kyle Dubas, a bien joué ses cartes, ce qui lui permettra de retenir à Toronto Mitch Marner si celui-ci reçoit une offre hostile.
Photo d’archives, AFP Le directeur général des Maple Leafs, Kyle Dubas, a bien joué ses cartes, ce qui lui permettra de retenir à Toronto Mitch Marner si celui-ci reçoit une offre hostile.

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Mon collègue Kevin Dubé a bien résumé, dans la livraison d’hier du Journal, les propos de l’agent Alan Walsh relativement au plafond salarial.

Depuis que les propriétaires et les joueurs ont accepté ce système de gestion, Walsh, qui n’hésite jamais à émettre des commentaires parfois très controversés, condamne cette pratique.

« Gary Bettman a beau dire que le plafond salarial a mené la ligue à une parité qui fait en sorte que le spectacle n’a jamais été aussi relevé, je crois que c’est faux », a lâché Walsh.

Celui-ci, on le devinera, prêche pour sa paroisse et il dit tout haut ce que bien des agents pensent.

Au moment d’instaurer ce système, les joueurs de haut niveau touchaient déjà 10 millions $... ou presque par saison.

Est-ce que la situation a bien changé ?

Pas vraiment.

Taxe punitive

L’agent soutient que le hockey devrait plutôt appliquer une taxe punitive, comme le fait le baseball majeur.

Intéressant.

Mais allez vendre cette idée aux propriétaires. Pour eux, le système fonctionne parfaitement, les revenus augmentent chaque saison, tout baigne dans l’huile.

La compétition est intense, la lutte pour une qualification aux séries éliminatoires s’intensifie non pas à la mi-février ou au début de mars, mais bien au début de novembre.

Il n’y a pas de système parfait, mais peu importe celui que l’on adopte, les directeurs généraux qui montreront de la créativité et qui ne manqueront pas de témérité sauront se démarquer.

Dubas a bien manœuvré

Kyle Dubas a surpris tout le monde cette semaine en ramenant à Toronto David Clarkson, qui n’a pas joué depuis deux ans et qui touche un salaire de 5 millions.

Nathan Horton, qui n’a pas chaussé les patins depuis trois ans, apparaît sur la liste des joueurs des Leafs. Cela représente 11 millions dans la masse salariale, gonflant ainsi à plus de 92 millions les engagements de l’équipe, pourvu que les Maple Leafs en viennent à une entente avec Mitch Marner.

Walsh soutient que la Ligue nationale va permettre aux Leafs de passer outre la masse salariale maximale prévue de 81,5 millions.

C’est vrai, mais d’autre part, on doit reconnaître que Dubas a bien joué ses cartes puisqu’il pourra placer le nom des deux joueurs sur la liste des blessés, de sorte que leurs salaires ne pourront s’appliquer sur la masse salariale. Il dit à la compétition : si vous désirez faire une offre hostile à Marner, à vous de voir.

Mais il est assuré qu’il va égaler l’offre maintenant que la situation lui permet de tenir les guides à deux mains.

Par contre, Walsh soutient que les équipes ne devraient pas être obligées de liquider des joueurs importants, parfois des joueurs vedettes, pour se conformer au plafond salarial. C’est à ce moment-là qu’il insiste sur le concept d’une taxe punitive.

Trop généreux envers price ?

C’est certain que les grands marchés n’ont plus la même latitude que par le passé. Prenons l’exemple du Canadien. Je ne dis pas que le plafond salarial est à l’origine des insuccès de la concession. Il y a 25 ans, il n’y avait pas de plafond salarial et l’équipe s’est enfoncée dans la médiocrité.

Aujourd’hui, Marc Bergevin avait-il à proposer un contrat de 84 millions à un gardien de 30 ans ?

Dans un système où les équipes peuvent dépasser les limites du plafond salarial, en acceptant de payer une taxe punitive, le dossier Carey Price s’expliquerait avec des arguments plus solides. Or, ce n’est pas le cas.

Walsh soulève des points intéressants. Il est parmi ceux qui souhaiteraient que les équipes des grands marchés, celles qui sont les vaches à lait de la ligue, puissent bénéficier de certains privilèges.

Présentement, elles remettent à la ligue des millions de dollars pour des équipes incapables de générer des profits, mais qui, sur le marché des joueurs autonomes, embauchent des joueurs à gros prix.

Cependant, pour une taxe punitive, on peut toujours rêver.

Toutefois, la réalité récompense les directeurs généraux les plus créatifs, ceux qui parviendront toujours à déjouer le système.