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Des trucs concrets pour favoriser l’apprentissage

Annie Tessier Priska Poirier
Photo courtoisie, Mike Daoud Annie Tessier et Priska Poirier, Orthopédagogue et enseignante

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À la fois enseignante, écrivaine et mère de deux enfants qui vivent avec la dyslexie, Priska Poirier s’est alliée à l’orthopédagogue Annie Tessier pour créer un guide super bien pensé et bien présenté pour assister les parents et les enseignants, La boîte à outils : Dyslexie et dysorthographie.

Les auteures ­apportent des réponses à ­plusieurs questions soulevées en présence de ces ­problématiques : ­comment savoir si son enfant est dyslexique ou ­dysorthographique ? Quelles sont les conséquences de ces troubles d’apprentissage sur ses résultats scolaires ? Comment peut-on l’aider à s’améliorer ?

Elles expliquent ­comment faire la différence entre une difficulté en lecture ou en écriture et un trouble ­d’apprentissage ­spécifique, comment détecter les ­manifestations d’une possible dyslexie ou ­dysorthographie, et ­comment adapter la vie familiale en conséquence.

En quête d’outils

Priska Poirier, auteure de plusieurs best-sellers pour la jeunesse, dont la série Les Éternels, parle en ­connaissance de cause. « J’ai deux enfants qui sont dyslexiques et ­dysorthographiques sévères. Je cherchais un livre pour comprendre facilement... mais je tombais sur des ouvrages universitaires. Alors je me suis dit : je vais le faire ! » dit-elle, en entrevue.

« Pour un parent d’enfant dyslexique ou dysorthographique, c’est facile de penser que c’est la paresse qui est en cause, ou un manque d’intelligence... et ça n’a rien à voir ! Je me dis, si ce livre permettait seulement aux parents de comprendre que c’est le cerveau qui cause problème, ça aiderait beaucoup. C’est super important que l’enfant ­comprenne son trouble : après, il peut agir. »

Priska Poirier, qui a ­enseigné une dizaine d’années avant d’écrire à temps plein, a testé tous les exercices qui sont dans le livre avec ses enfants. « La dyslexie, c’est complexe, et la dysorthographie aussi. Ce ne sont pas tous les enfants qui ont les mêmes manifestations, les mêmes difficultés. Il faut réussir à trouver, comme parent, ce qui pose problème, et ensuite il faut aider notre enfant. »

Ses constats sont très ­réalistes. « Ce n’est pas vrai qu’à l’école, ils ont le temps de faire ça. C’est triste à dire. Les orthophonistes travaillent fort, mais ils n’y arrivent pas : on manque de ressources. Le parent ne peut pas se fier seulement à l’école pour aider son enfant. Il doit prendre son rôle de parent en main... mais comme parent, on est démuni, on ne sait pas quoi faire. »

Échec par-dessus échec...

Elle explique que d’autres problèmes s’ajoutent au quotidien des enfants dyslexiques : essuyer échec par-dessus échec dans leur parcours scolaire. « Ce n’est pas parce qu’ils n’étudient pas ou ne font pas ­d’efforts : ils ne sont pas capables. Ils deviennent démotivés. Ils deviennent des décrocheurs alors qu’il y en a plusieurs qui ont une intelligence au-­dessus de la moyenne. Des enfants doués ont de la dyslexie et de la dysorthographie. Ils vont décrocher parce que leur estime de soi va se retrouver au plus bas niveau. »

À titre d’exemple, Priska explique qu’un enfant dyslexique va souvent sauter par-­dessus des mots, ou ne les lira pas de la bonne façon. « Pour coussin, il va lire cousin, ce qui fait que ça change complètement le sens de la phrase. »

Elle a noté que les outils technologiques sont d’un grand secours. « Par exemple, les livres audio, c’est fantastique pour un enfant dyslexique, parce qu’il entend l’histoire au lieu d’être obligé de la lire. Il peut développer son schéma narratif, son vocabulaire, apprendre où on fait des pauses, pour bien comprendre la lecture. »

EXTRAIT

« Comme parent qui ­ignorait que ses enfants étaient dyslexiques, j’étais ­frappée par un énorme sentiment de ­culpabilité. Le sentiment de ne pas faire tout ce qu’il fallait. De ne jamais en accomplir assez. De ne pas être assez disponible. De ne pas arriver à tout gérer. Et, surtout, par l’affreux constat de ne pas réussir à leur épargner l’échec scolaire, moi, leur maman, enseignante et ­écrivaine de surcroît ! »

Priska Poirier, La boîte à outils: Dyslexie et dysorthographie, Les Éditions de Mortagne