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Les élus appelés à interdire l’abattage de chevaux

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En vue de la campagne électorale d’octobre prochain, un organisme qui milite pour la protection des animaux interpelle les élus fédéraux afin de faire interdire l’abattage de chevaux dans le but d’en faire de la viande.

La Coalition canadienne pour la défense des chevaux (CHDC), qui revendique des milliers d’adhérents, a aussi lancé une pétition en ligne afin de susciter un débat dans la population. 

«L’abattage de chevaux est pire que n’importe quel abattage d’animaux. Comme le cheval est un animal très rapide qui sait se débattre, ça peut être long et très souffrant. Le pire cas que nous avons vu, c’est un cheval qui a subi 11 coups avant d’être tué», a souligné Sinikka Crosland, directrice de l’organisme, qui reconnait que, pour elle, aucune pratique d’abattage n’est éthique. 

Mme Crosland remet aussi en question la qualité de la chair, comme la provenance des animaux n’est pas toujours retraçable, ce que contestent les abattoirs. 

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Une viande mal vue

Selon un sondage commandé à la firme Nanos et publié cette semaine par la CHDC, 69% des Canadiens sont aussi favorables à l’interdiction de l’abattage de chevaux destinés à la consommation humaine. 

Marc Bouvry, propriétaire de Viande Richelieu, se désole de tels chiffres, mais ne s’en étonne guère. 

«Il y a beaucoup d’ignorance à cause des faussetés que répètent ces organisations-là. Ça fait 35 ans qu’on se bat contre eux. Ils ont réussi à faire croire aux gens que le cheval était un animal de compagnie, ce qui n’est pas le cas», a virulemment dénoncé l’homme d’affaires, le dernier à gérer un abattoir de chevaux au Québec. 

Une industrie qui agonise

À l’heure actuelle, environ 70 personnes travaillent à son usine de Massueville, près de Sorel. À une certaine époque, ils étaient cependant nombreux et d’autres abattoirs produisant de la viande de cheval avaient pignon sur rue dans la province. 

C’est que la popularité de la viande équine est en chute libre. Alors que plus de 113 000 bêtes avaient été abattues en 2008, seulement 54 000 chevaux ont connu le même sort en 2016, selon les chiffres de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. 

«Ça reste très populaire en Asie, mais à cause de toutes les campagnes de peur, le marché européen, qui était aussi très important avant, est devenu restreint», a expliqué Marc Bouvry, qui a tenu à rappeler la forte teneur en protéine des chevaux. 

Au Québec, où le cheval n’a jamais eu le même succès en épicerie que le bœuf ou le porc, la viande équine est aussi délaissée. 

«Il n’y a plus aucun restaurant qui veut en servir à cause des menaces. Nous aussi, on en a continuellement. Nos équipements doivent être surveillés 24 heures sur 24», a poursuivi Marc Bouvry, inquiet que la CHDC réussisse à achever l’industrie avec sa démarche.