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Liste noire

Marc-André Chabot
Photo Chantal Poirier

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Zigouiller un criminel irrécupérable dans ses rêves est une chose à portée de tous. Mais pouvoir l’éliminer en claquant des doigts, c’est un jeu dangereux auquel se livre le protagoniste de Dis-moi qui doit mourir, un suspense haletant signé par l’homme de télé Marc-André Chabot.

Depuis qu’un terrible drame a frappé sa famille, Antoine Aubin est un homme révolté. À la télévision ou dans les journaux, il voit des injustices partout. Comment ne pas s’indigner en voyant les pires crapules de l’humanité s’en sortir grâce aux failles du système de justice, pourtant censé protéger les honnêtes gens ? Et si seulement quelqu’un, quelque part, pouvait rétablir l’ordre des choses et faire gagner les gentils...

Par un coup de dé du hasard, Antoine reçoit entre ses mains un tel pouvoir alors qu’un soir, il sauve la vie de Chuck Péloquin, le redoutable chef du crime organisé montréalais. Reconnaissant, le caïd souhaite lui payer sa dette, mais plutôt que de lui donner une valise pleine d’argent, il propose de lui donner cinq morts. Aussi puissant que tordu, Péloquin fait comprendre à son bon samaritain qu’il n’acceptera aucun refus de sa part. Antoine est donc contraint de signer l’arrêt de mort de cinq personnes. L’homme vient de mettre la main dans un engrenage fatal.

« Le personnage d’Antoine fait face à un dilemme moral important, car il se retrouve avec un grand pouvoir. Étant donné qu’il a pigé le mauvais billet de loterie de la vie, il essaye de corriger les injustices qu’il voit dans la société », explique en entrevue Marc-André Chabot.

En signant son premier roman, le réalisateur télé (Le Poing J, Les Testeurs, Deux hommes en or) réalise un vieux rêve. « Cette idée de personnage indigné remonte à mes études en droit. À l’époque, je ressentais un malaise en voyant le grand cynisme de certains avocats et futurs avocats criminalistes que je côtoyais. Ce qui les animait n’était pas la recherche de la vérité, mais bien l’obtention de résultats. Leur seule excuse, c’est que ça faisait partie de la game. Ayant moi-même vécu un drame où le criminel s’en était sorti, ça m’avait marqué. »

Vox populi

Avec pour toile de fond la présence d’une taupe au sein du SPVM – une référence à peine voilée à l’affaire Ian Davidson – le roman pose un regard critique sur les limites de notre système de justice et sur l’indignation qu’elles peuvent engendrer. Il n’est pas surprenant de voir que dans le récit, les meurtres commandés par le protagoniste suscitent une grande approbation dans les vox pop à la télévision. Les quidams s’enthousiasment de l’arrivée d’un justicier. « On a un bon système de justice, mais il est loin d’être parfait. On a souvent tendance à oublier les victimes et leurs familles qui vivent de vrais deuils », nuance-t-il.

Savoir raconter

Pour mieux camper l’univers du polar, l’auteur s’est longuement documenté sur le milieu du crime organisé et a mené des entrevues avec des policiers et un juge. Il s’est aussi amusé à visiter les lieux réels où allait se dérouler l’intrigue de son roman, un peu comme il l’aurait fait en vue d’un tournage. Bref, le travail de réalisateur n’est pas tellement éloigné de celui d’écrivain. « Mon rôle reste le même : raconter une histoire. La seule différence, c’est qu’à l’écrit, il n’y a pas de limite de budget. On peut mettre autant d’explosifs qu’on veut ! »

<b><i>Dis-moi qui doit mourir</i></b><br>
Marc-André Chabot<br>
Libre Expression, 392 pages
Photo courtoisie
Dis-moi qui doit mourir
Marc-André Chabot
Libre Expression, 392 pages

 

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