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Des miraculés réclament davantage de clôtures dans le parc des Laurentides

Le couple a heurté un orignal dans la réserve faunique des Laurentides

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Un jeune couple originaire d’Alma l’a échappé belle au début du mois dans la réserve faunique des Laurentides quand il a heurté de plein fouet un orignal qui a littéralement arraché une partie du toit de leur véhicule, un accident qui aurait pu être évité, croient les jeunes miraculés.  

La violente collision qui aurait bien pu tuer Mathilde Gauthier et son copain Antoine Bouchard-Paradis s’est produite le soir du 3 juillet, vers 21 h 30. Alors qu’ils revenaient d’une virée en amoureux à Québec, ils ont percuté de plein fouet un orignal qui s’est aventuré en plein milieu de leur voie à la hauteur du kilomètre 165 sur la route 175.    

«Il faisait noir, mais pas encore assez pour mettre les hautes. J’ai vu l’orignal à la dernière seconde, trop tard pour faire une manœuvre. On lui a coupé les pattes et son corps a défoncé l’auto», raconte la jeune conductrice de 17 ans.      

Blessé à un œil  

Antoine Bouchard-Paradis a dû être opéré en raison d’éclats de verre reçus dans l’œil.
Photo courtoisie
Antoine Bouchard-Paradis a dû être opéré en raison d’éclats de verre reçus dans l’œil.

Les photos de ce qui reste de la Volkswagen du couple démontrent bien la force de l’impact, le toit étant pratiquement arraché. C’est Antoine qui occupait le siège du passager et qui a reçu le plus fort de l’impact, subissant notamment une blessure à l’œil en raison des éclats de verre.    

«Il a été opéré [...] à Québec. Ils l’ont gardé quelques jours de plus parce que la pression dans son œil n’était pas stable», explique sa copine.    

Selon les ambulanciers et les médecins, cela tient du miracle si les deux passagers s’en sortent ainsi. L’intervention de bons samaritains a aussi fait une différence.    

Les deux passagers se considèrent chanceux de s’en sortir sans plus de blessures.
Photo courtoisie
Les deux passagers se considèrent chanceux de s’en sortir sans plus de blessures.

«Les ambulanciers n’en revenaient pas. Et les médecins ont dit que l’intervention de William (Bisson), un pompier qui nous suivait, a probablement sauvé l’œil de mon chum. On a été très chanceux», lance, reconnaissante, Mathilde Gauthier.      

Cette dernière est toutefois quelque peu amère, car l’accident aurait probablement pu être évité.    

L’endroit où s’est produite la collision, un peu avant d’arriver à la jonction de la route 169, ne fait pas partie des 76 km de route clôturés dans «le parc».    

Incompréhension

«Ça ne serait pas arrivé, tout simplement. Je ne comprends pas trop pourquoi les clôtures ne sont pas complétées sur l’ensemble de la route», questionne la jeune femme, qui souhaite voir le ministère se pencher sur la question.   

Surtout que les animaux sont omniprésents dans le secteur, comme en témoigne Mélissa Morel qui était dans le véhicule, tout juste derrière celui de Mathilde et Antoine.    

«J’avais appelé au 511 quelques kilomètres avant pour signaler la présence de deux orignaux pas trop loin de la route», raconte la témoin, encore sous le choc de l’impact qu’elle a vu.    

Pas dans les plans du ministère des Transports      

Même si des accidents surviennent encore à l’occasion, le ministère des Transports n’entend pas prolonger les clôtures anti-cervidés le long de la route 175.    

Questionné sur le sujet après l’accident subi par Mathilde Gauthier et son copain, le MTQ a précisé au Journal n’avoir aucun plan de prolongement des barrières à court terme.     

À l’heure actuelle, 76 km de barrières ceinturent les quelque 170 km entre Stoneham et Chicoutimi sur la route 175, et 29,5 km bloquent l’accès aux cervidés sur la route 169, d’une longueur de 75 km en direction du Lac-Saint-Jean.    

«Pour l’instant, il y a le nombre de kilomètres qu’il y a», se contente d’affirmer la porte-parole du ministère, Émilie Lord, précisant que les clôtures en place ont déjà permis de diminuer significativement le nombre d’incidents.    

Diverses explications  

Le MTQ n’a cependant pas été en mesure de fournir au Journal des statistiques sur les signalements d’orignaux, afin de savoir si une augmentation avait été observée dernièrement. Divers facteurs peuvent toutefois amplifier la présence des cervidés, précise-t-on.     

La dispersion des jeunes cervidés en vue de la prochaine mise bas et des travaux de bûchage dans le secteur de l’accident du couple est notamment citée en exemple. L’humain pourrait aussi avoir un rôle à jouer.      

 «Certaines barrières anti-cervidés ont des portes. Les gens qui circulent dans les sentiers en motoneige ou en VTT peuvent ouvrir ces portes pour circuler. Par contre, il est de leur responsabilité de les refermer, et certains ne le font pas», explique Émilie Lord.    

Le MTQ a observé une légère baisse des collisions avec des cervidés sur la route 175 depuis 2010. Bon an, mal an, il subsiste malgré tout une vingtaine d’accidents matériels majeurs et quelques accidents avec blessés chaque année.    

Le dernier accident mortel remonte à 2015, et le coroner Martin Clavet avait à ce moment recommandé au ministère de prolonger les clôtures dans certains secteurs.