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D’un cirque à l’autre

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Comme chaque été, vendredi dernier, je suis allée à Trois-Rivières voir le spectacle hommage du Cirque du Soleil. Après Beau Dommage, Robert Charlebois, Luc Plamondon et les Colocs, les Cowboys Fringants sont au cœur de cette cinquième édition.

C’est une tradition familiale chez les Durocher-Martineau. Chaque mois de juillet, on monte dans l’auto, on va manger au resto Le Buck, puis on emprunte la rue des Ursulines, on s’extasie devant la beauté des maisons anciennes, on s’installe dans l’amphithéâtre Cogeco et on se prépare à être épatés par les prouesses du Cirque.

Mais cette année, avec le spectacle Joyeux calvaire, la magie n’a pas opéré comme les autres fois...

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LA BARRE EST HAUTE

On s’entend, il y a eu des moments splendides. Pendant la chanson Tête haute, l’acrobate accroché à ses sangles, comme un cancéreux accroché à son dernier espoir, était renversant.

La version planante de Plus rien sur un numéro de corde ? Émouvante.

L’effet de groupe de La manifestation, avec ces policiers acrobates, une sirène sur la tête ? Festive à souhait.

Mais en sortant du spectacle, je me suis demandé si on n’avait pas « fait le tour », si la recette des spectacles hommages n’était pas essoufflée. La formule n’a pas été terriblement renouvelée depuis la première année. C’est un numéro, une chanson, sans grand lien entre les tableaux.

On sait qu’on aura un numéro de cerceau, un autre de barres fixes, un autre de corde où l’on retiendra son souffle en espérant que la belle acrobate ne se casse pas le cou. C’est fou à dire, mais on est peut-être rendu blasé de ce type de spectacle.

Et puis, ça m’est apparu comme une évidence : la raison pour laquelle je n’avais pas été jetée à terre par ce spectacle du Cirque du Soleil, c’est que récemment j’avais vu le spectacle hommage Serge Fiori, Seul Ensemble du Cirque Eloize.

Un spectacle impeccable du début à la fin, sans un seul temps mort, qui vous prenait par le col de votre chemise, vous soulevait et ne vous lâchait pas jusqu’à la dernière seconde.

Il y avait tellement de poésie, de magie, d’imagination et d’émotion pure dans Seul Ensemble que ce spectacle est maintenant la référence en la matière. Quand tu enchaînes autant de moments de grâce sur scène, tu places la barre très haute pour tous les autres.

Seul Ensemble est devenu le spectacle étalon, celui auquel quiconque allie cirque et chansons est condamné à être comparé.

C’est plate à dire, mais comparé à Seul Ensemble, Joyeux calvaire n’atteint pas les mêmes sommets.

On sait que le Cirque présentera des spectacles à Trois-Rivières jusqu’en 2024. On sait aussi qu’à partir de 2020, le concept de spectacle hommage sera repensé. ­Mettons qu’il était temps...

LES COWBOYS DU CELL

Une remarque, en terminant. Avant que Joyeux calvaire ne commence, une charmante cowgirl nous demande gentiment de ne pas utiliser nos cellulaires et de regarder le spectacle « avec les yeux et le cœur ». Dommage que tous les spectateurs n’aient pas respecté la consigne.

Quand tu es en train de vivre un moment touchant et que ton voisin d’en face, tel Lucky Luke, dégaine son cell plus vite que son ombre et s’interpose entre toi et les acrobates, ça te met en... joyeux calvaire !