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Samedi de la semaine dernière, j’ai écrit – et je cite – que « La Presse appuie docilement le PLC à chaque élection fédérale ». Ce n’était pas exact.

Un cadre de La Presse m’a mis au défi de me rétracter, ne m’en croyant pas l’audace. Je le fais donc par la présente.

Rhétorique

Je suis remonté jusqu’à ma naissance, en 1982, pour voir où étaient allés les différents appuis que La Presse avait accordés en éditorial avant la tenue du vote lors des élections fédérales.

La Presse n’a pas appuyé le Parti libéral en 1984 de même qu’elle n’a pas appuyé Brian Mulroney qui voulait ramener le Québec dans le giron constitutionnel « dans l’honneur et l’enthousiasme ». Elle le fera toutefois en 1988.

Suivant l’échec de l’Accord du lac Meech, elle appuiera toutefois Jean Chrétien, qui avait tout fait pour le plomber, en 1993. Dans les années post-référendaires, alors qu’il déploie la rhétorique qui mènera au scandale des commandites, elle récidivera en 1997 et 2000.

Elle laisse toutefois tomber le pauvre Paul Martin, en 2004, alors qu’il ramasse les pots cassés par son prédécesseur, n’appuyant personne lors de ces élections. En 2006, elle appuiera toutefois les conservateurs de Stephen Harper, mais seulement cette fois-là.

Finalement, c’est en 2015 que La Presse recommence à se positionner parce qu’après 9 ans de conservatisme, « le Canada a besoin d’un gouvernement fondé sur l’intelligence, le dialogue et l’optimisme. C’est pourquoi La Presse souhaite l’élection du Parti libéral de Justin Trudeau. »

Le même Justin Trudeau qui vient d’accorder à La Presse le privilège exclusif d’émettre des reçus fiscaux aux gens qui financent son OBNL.

Crédibilité

La Presse peut trouver que ça ne remet pas sa crédibilité en cause. Ça la regarde. Demeure qu’elle aurait l’air plus crédible si l’un de ses éditorialistes avait pris la plume pour se montrer solidaire du Devoir et exiger qu’il puisse se prévaloir de la même mesure, plutôt que d’écrire à des chroniqueurs de la concurrence.

En attendant, on les salue !