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Des sondeurs mécontents!

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Ça brasse dans l’industrie du sondage au Canada. Et ce n’est pas banal, vu l’importance qu’on accorde aux sondages !

Publics, les sondages ?

L’an dernier, j’avais réalisé une entrevue avec le PDG de EKOS Politics Frank Graves au cours de laquelle il avait dénoncé le fait que les agrégateurs de sondages reprennent les données sans le consentement du sondeur et en ne payant rien pour le faire.

Au cours des derniers jours, le sondeur Nik Nanos, de la firme du même nom, a lui aussi laissé savoir qu’il en avait assez. Il s’est crêpé le chignon avec Éric Grenier, connu pour ses projections faites à partir des sondages et aujourd’hui à la CBC.

Ceux qui usent des données des sondages pour faire des prévisions électorales répondent généralement que ces données sont publiques et que c’est leur droit de les utiliser.

Dans le milieu de ces tirs croisés, le citoyen est bombardé de sondages, d’analyses sur les sondages et de prévisions souvent contradictoires.

Accorde-t-on trop d’importance aux sondages ?

Lors de l’élection fédérale de 2015, pas moins de 117 sondages ont été publiés au cours des 79 jours de campagne électorale ! Et tenez-vous bien, dans la dernière semaine du vote, il y en a eu 25 !

A-t-on vraiment besoin d’autant de sondages ? J’en doute.

En 2011, Robert Asselin, un analyste des questions de démocratie et de gouvernance, avait publié un texte coup de poing, toujours pertinent aujourd’hui. J’en retiens ce passage :

« Au cours de la dernière décennie, les médias ont donné aux sondeurs un rôle messianique dans les campagnes électorales. Dans les minutes avant que les sondeurs publient leurs résultats, nous retenons tous notre souffle, comme si nous attendions une audience avec le pape. Les firmes de sondages sont les nouveaux dieux de la politique moderne. »

Dans le meilleur des mondes, on accorderait moins d’importance aux sondages et à ceux qui les ploguent dans leur modèle de prévision, et plus aux propositions des partis qui sollicitent notre appui...

Mais je sais, je rêve.