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Les Alouettes: qu’attend la ligue?

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Photo AFP Impliqué dans le domaine de la télévision à Los Angeles, le Lavallois d’origine Peter Lenkov (photo) et son frère Jeffrey pourraient être les futurs propriétaires des Alouettes.

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En principe, les décideurs de la Ligue canadienne devaient se prononcer, au cours du week-end, sur les opérations quotidiennes des Alouettes.

Les frères Peter et Jeffrey Lenkov ont été identifiés par Randy Ambrosie, le commissaire de la Ligue canadienne, comme étant ceux possédant un avantage sur tous les autres groupes qui ont ou avaient un intérêt pour la concession.

Pour l’instant, la réponse se fait toujours attendre. Pourtant, la présence des frères Lenkov, lors du dernier match contre les Eskimos d’Edmonton, devait confirmer hors de tout doute qu’ils avaient toutes les opportunités d’obtenir l’accord des dirigeants de la Ligue canadienne.

Ils se sont même permis de visiter le vestiaire.

Mais bon. À travers la ligue, on répète que Ambrosie aime bien les deux Californiens d’adoption.

Par ailleurs, je m’explique difficilement le processus adopté par le commissaire. Ne doit-il pas profiter de la situation pour créer une certaine surenchère relativement à l’achat de l’équipe ? N’était-il pas dans une position pour s’assurer qu’il guidera adéquatement les autres propriétaires et qu’il leur fournira toutes les informations pertinentes sur les acheteurs potentiels, dans le contexte actuel, les frères Lenkov ?

Pas droit à l’erreur

Ambrosie n’a pas droit à l’erreur parce que la Ligue canadienne, présentement, vit des moments inquiétants. Les Lions de la Colombie-Britannique, jadis une puissance de la ligue, ne gagnent plus. Les Argonauts de Toronto ne vont nulle part. Et il y a les Alouettes.

Les trois plus importants marchés du football canadien ne rapportent pas les dividendes escomptés. Les heures d’écoute à la télé s’amenuisent, les assistances accusent un retard, bref, le commissaire Ambrosie a plusieurs dossiers chauds sur son bureau.

Va-t-il prendre les bonnes décisions ?

On ne peut douter de la sincérité des frères Lenkov qui souhaitent relancer la concession. Ce qui m’intrigue dans ce dossier, c’est qu’ils sortent du décor et, subitement, deviennent les acheteurs les plus influents.

Et les autres ?

Et que fait-on des scénarios écrits par les autres investisseurs qui avaient tenté leurs chances lors des dernières semaines et les derniers mois ?

Je sais qu’il y a eu des passages controversés invitant les dirigeants de la Ligue canadienne à la plus grande prudence. Des chicanes, des contradictions, des situations ambiguës, des actions plutôt étranges, bref, rien pour convaincre Ambrosie.

Cependant, je pense à Eric Lapointe qui s’est donné corps et âme pour être un joueur important dans le processus.

Pourquoi je m’arrête à l’ex-joueur des Alouettes ? Justement en raison du fait qu’il est devenu, au fil des ans, un homme d’affaires averti, un homme qui consacre beaucoup de temps à la communauté et, aussi, un administrateur qui a toujours gardé un attachement profond pour les Alouettes.

L’exemple de Mario

On pourrait faire un parallèle avec certains anciens joueurs qui ont décidé de plonger dans la gestion sportive en occupant des postes stratégiques dans la haute direction, soit comme propriétaire ou encore président. Lapointe a réuni des hommes d’affaires intéressés à une cause qui, comme les frères Lenkov, leur tient à cœur.

Prenons l’exemple de Mario Lemieux. Certes, il a décidé, il y a quelques années, de lancer un projet d’achat de l’équipe pour deux raisons. Les Penguins lui devaient une somme de 26 millions $ et l’équipe était sur le point de déclarer faillite.

Aurait-il pris la même décision s’il avait touché tout son argent ? Je l’ignore. Sauf que Mario Lemieux a relancé la concession des Penguins parce qu’il est un membre influent de la communauté de Pittsburgh, qu’il s’est entouré de personnes intéressées à faire de la concession des Penguins un modèle sur le plan de la gestion tout en exerçant un impact important sur la rentabilité de l’entreprise.

Eric Lapointe n’a pas eu à sauver les Alouettes pour obtenir l’argent que lui devait l’entreprise. Il a pris sa retraite en bonne et due forme. Il s’est ensuite impliqué dans le monde des affaires tout en demeurant avant tout un passionné de football.

Il veut toujours participer à la relance des Alouettes. Il est à la tête d’un groupe qui, comme je le précisais, semble posséder toutes les ressources pour réussir.

Il vit à Montréal, il brasse des affaires à Montréal, ses partenaires sont tous des hommes impliqués dans la communauté.

N’est-ce pas là des éléments importants pour assurer la bonne santé d’une concession ?

Je ne doute pas des intentions des frères Lenkov, mais je ne suis pas convaincu qu’on dirige une entreprise à des milliers de kilomètres du quartier général. Surtout quand l’équipe évolue dans un marché aussi particulier que celui de Montréal. La famille Wetenhall n’est-elle pas un exemple ?

À Ambrosie de faire le bon choix. Il joue gros dans ce dossier.