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Téléfilm Canada et la SODEC accusés de gonfler leurs résultats en matière de parité

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MONTREAL – L’organisme Réalisatrices Équitables accuse des institutions gouvernementales qui financent des productions cinématographiques de gonfler leurs chiffres quand elles divulguent quelles parts de leurs enveloppes vont à des films réalisés ou scénarisés par des femmes.

«Cette mauvaise habitude alimente l’illusion de progrès qui sont en fait moins impressionnants qu’il n’y paraît», soutient l’organisme à but non lucratif en montrant du doigt Téléfilm Canada et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).

Le collectif insiste notamment sur un communiqué récemment diffusé par Téléfilm Canada dans lequel l’organisation se félicite d’avoir récemment décidé de financer douze longs métrages en français dont la moitié sont scénarisés ou réalisés par des femmes.

Aux yeux de Réalisatrices Équitables, les données ont été présentées de façon trompeuse, puisqu’avec les mêmes informations, Téléfilm aurait aussi pu écrire qu’il «finance la production de douze longs métrages de langue française dont 68% sont réalisés ou scénarisés par des hommes».

Réalisatrices Équitables souligne que ni Téléfilm Canada ni la SODEC n’ont financé des longs métrages dont 50 % étaient réalisés par des femmes, si on mesure leurs données à ce chapitre sur toute une année fiscale.

Dans un commentaire envoyé par courriel, Christa Dickenson, directrice générale de Téléfilm Canada, répond que le récent communiqué de l’organisation ne visait qu’à souligner les investissements récents et n’avait «aucune intention d’induire en erreur».

«Afin d’encourager et soutenir les efforts de toute l’industrie, il est important de communiquer les progressions notables. Bien sûr, les défis existent et nous continuerons de travailler ardemment pour atteindre la parité, mais aussi pour la préserver par la suite», a-t-elle fait valoir.

Réalisatrices Équitables invite aussi Téléfilm et la SODEC à employer le mot «parité» plutôt que des expressions comme «près de la moitié» ou «presque la moitié».

On relève toutefois que les deux institutions ont déployé des efforts ces dernières années pour favoriser le financement de productions réalisées par des femmes.

«Mais les résultats des décisions, tout comme les montants octroyés, devraient toujours être présentés de façon neutre et par catégories: production, scénarisation, réalisation», a fait valoir l'organisme.

La directrice de Téléfilm Canada note que dans ses rapports annuels sur la parité, dont le résumé de celui pour 2018-2019 paraîtra jeudi, cette distinction par catégories est faite.