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Également membres de Desjardins, des clients de Capital One se sentent abandonnés

Plusieurs déplorent le manque de réponses de Capital One et de ses partenaires

Johanne Aubry Bellemare est membre de Desjardins et de Capital One.
Photo Martin Alarie Johanne Aubry Bellemare est membre de Desjardins et de Capital One.

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Déjà affectés par la fuite de renseignements personnels chez Desjardins, de nombreux Québécois détenteurs de cartes de crédit Capital One, La Baie d’Hudson (HBC) et Costco cachaient mal leur exaspération à la suite de ce nouveau piratage.

«C’est inquiétant comme situation. Il y en a de plus en plus de vols de données personnelles. On se demande s’il ne faudra pas annuler toutes nos cartes de crédit et revenir seulement à l’argent comptant», avance Lise St-Louis, qui fait partie des victimes de Desjardins, en plus d’être détentrice d’une carte de crédit Capital One chez Costco.

Lise St-Louis, victime de Desjardins et détentrice d’une carte de crédit Capital One chez Costco, rencontrée hier dans le stationnement d’un Costco.
Photo Jean-Michel Genois Gagnon
Lise St-Louis, victime de Desjardins et détentrice d’une carte de crédit Capital One chez Costco, rencontrée hier dans le stationnement d’un Costco.

«Est-ce que la semaine prochaine ce sera au tour de Visa de faire une annonce? Il faut que ça s’arrête», s’inquiète-t-elle, espérant obtenir rapidement des réponses au sujet de l’identité des personnes touchées.

Elle estime que Costco, qui s’est muré dans le silence au lendemain de l’annonce de la fuite de données chez le géant américain du crédit, devrait communiquer avec ses membres afin de mieux les informer.

Quant à HBC, qui offre également une carte de crédit Capital One, la direction a réagi en fin de journée, affirmant que «selon les plus récents renseignements fournis par Capital One, rien n’indique pour l’instant que les titulaires et demandeurs de [leurs] cartes de crédit ont été touchés par l’incident.»

Comme Mme St-Louis, Simon St-Cyr a décrié le manque d’information fournie par l’entreprise américaine concernant la fuite qui touche 106 millions de clients, dont 6 millions au Canada.

«J’ai essayé de communiquer avec Capital One lundi soir pour savoir si j’étais touché par la fuite. J’ai été dans l’attente plus d’une heure et je n’ai pas été capable de parler à personne. Cela fait dur comme service. Je trouve qu’ils rient de nous et qu’ils nous prennent pour des cons», déplore M. St-Cyr. Il a aussi tenté de joindre un employé hier, mais en vain.

«Comme un peut tout le monde, je me sens prise au dépourvu. Il n’y a pas grand-chose qu’on peut faire», a pour sa part dit au Johanne Aubry Bellemare, 65 ans, de Repentigny, à la sortie d’un Costco.

Même si elle s’est inscrite à la protection Equifax offerte par Desjardins, cette propriétaire d’une résidence pour personnes âgées avoue être «plus ou moins rassurée» quant aux fraudes éventuelles qui pourraient être commises à la suite du vol de ses données personelles.

Majeur

La fuite révélée lundi soir constitue l’un des vols de renseignements personnels les plus importants dans l’histoire du Canada. Parmi les 6 millions de titulaires de cartes canadiens touchés, environ 1 million ont vu leur numéro d’assurance sociale compromis dans le cadre de cet incident.

Le Journal a tenté en vain de joindre un représentant du service à la clientèle de Capital One au téléphone. C’est finalement par l’entremise du clavardage sur le site web de la compagnie que quelques renseignements, très minimes, ont été fournis au bout d’un quart d’heure.

L’employé nommé Kyle a notamment indiqué que l’enquête était en cours et que l’organisation travaille activement à identifier tous les clients qui pourraient avoir été touchés, sans préciser quand ou comment ce sera fait.

Quelques informations sur Capital One

  • Cinquième plus important émetteur de cartes de crédit aux États-Unis.
  • Offre aux Canadiens des cartes de crédit MasterCard depuis 1996.
  • Ses bureaux au Canada sont situés à Toronto, à Kitchener-Waterloo, en Ontario, et à Montréal.
  • Compte environ 1300 employés au pays.