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Privatisation informatique, Legault doit reculer

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Les vols de données personnelles ne cessent de croître et de faire des victimes.

Combien de vols de données personnelles faudra-t-il atteindre pour réussir à faire reculer le gouvernement Legault sur sa décision de confier à l’entreprise privée d’ici trois ans quelque 80 % de toutes les données informatiques actuellement stockées dans l’appareil gouvernemental ?

François Legault et ses deux lieutenants clés du dossier de l’informatique gouvernementale, à savoir Éric Caire et Christian Dubé, pensent que la privatisation est « la » solution pour mettre fin au bordel informatique au sein de l’appareil gouvernemental.

Pas sûr. Je les invite à prendre connaissance (et conscience) du bilan (fort partiel) des arnaques suivantes. Le nombre effarant de victimes des vols de données a de quoi soulever les plus grandes craintes envers la nouvelle stratégie informatique du gouvernement caquiste.

BILAN DES VOLS

Pas plus tard qu’avant-hier, on apprenait que 106 millions de clients, dont 6 millions de Canadiens (dont peut-être 1 million de Québécois), se sont fait voler leurs données personnelles chez Capital One, le 5e plus gros émetteur de cartes de crédit au monde.

Ici même au Québec, quelque 2,9 millions de membres des caisses Desjardins se sont fait piquer leurs données personnelles par un véreux employé.

Que dire aussi du scandale Facebook où 87 millions d’utilisateurs auraient été touchés par le vol de données personnelles à la firme Cambridge Analytica.

Du côté de Bell Canada, l’an passé, environ 100 000 clients avaient été victimes de piratage informatique.

L’an dernier également, des fraudeurs auraient volé des données à BMO Banque de Montréal (50 000 clients visés) et chez la Simplii Financial de la Banque CIBC (40 000 clients touchés).

Il y a deux ans, c’était au tour de 147 millions de clients d’Equifax (eh oui ! la firme qui surveille notre crédit) de se faire voler leurs données personnelles.

QUE FERA LEGAULT ?

Marwah Rizqy, porte-parole libérale en matière de stratégie numérique, a raison de s’inquiéter face à la mainmise prochaine du secteur privé sur nos données gouvernementales.

Dans un tweet diffusé hier à la suite du vol chez Capital One, Mme Rizqy disait : « 100 millions de personnes affectées par une nouvelle fuite de données personnelles. Un autre signal d’alarme pour le gouvernement Legault : développons l’expertise québécoise au lieu de confier nos données aux multinationales étrangères ! »

Le 4 février dernier, Québec annonçait le regroupement des quelque 450 centres de traitement informatique (CTI) gouvernementaux au sein de deux grands centres, en plus de transférer 80 % de ses données à des services privés d’hébergement infonuagique (cloud computing). Les géants de l’infonuagique sont IBM, Amazon, Microsoft, Google...

Le Journal rapportait récemment que la multinationale Amazon courtisait les fonctionnaires québécois. Par l’entremise de sa filiale Amazon Web Services (AWS), elle leur offrait des cours gratuits afin de se familiariser avec l’infonuagique.

En passant, les données de Capital One sont hébergées par AWS. Toutefois, Amazon rejette toute responsabilité dans le vol de données des 106 millions de clients de Capital One.

À la suite des récents vols de données, ça prend quoi de plus pour faire reculer Legault, Caire et Dubé sur leur privatisation informatique ?

Une réponse de leur part serait grandement appréciée !