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Québec ouvert à un nouvel allègement réglementaire pour les microdistilleries

Québec ouvert à un nouvel allègement réglementaire pour les microdistilleries
Photo Marc-André Gagnon

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De passage à Québec pour l’inauguration de la Distillerie Stadaconé, dans le quartier Limoilou, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, s’est dit ouvert à un nouvel allègement réglementaire visant à rendre la SAQ moins gourmande.

Dans l’ancien garage où logeaient autrefois les Écolobus mal-aimés du RTC, il est désormais possible de déguster et acheter les trois gins (Bleu, Rouge et Noir) fabriqués sur place par la Distillerie Stadaconé. 

Le cofondateur de la nouvelle entreprise voit grand: après une première phase d’investissements totalisant 1,8 M$, Jean-Pierre Allard prévoit déjà commencer à exporter ses produits à l’été 2020. 

À terme, il souhaite tripler sa capacité de production mensuelle, qui est actuellement de 20 000 bouteilles. 

La SAQ trop gourmande

Derrière l’alambic flambant neuf au dôme cuivré, il y a toutefois une ombre au tableau: celle des redevances trop gourmandes que prend actuellement la Société des alcools du Québec sur chaque bouteille. 

Depuis maintenant un an, les distilleries peuvent vendre leurs produits sur place, directement au consommateur. Mais chaque fois qu'une bouteille est vendue, 50% du prix de vente va à la SAQ. 

Comme toute cette nouvelle industrie, M. Allard réclame l’équité avec les microbrasseries, les cidreries et les vignobles québécois, qui n’ont pas à verser de telles redevances sur les ventes faites sur place. 

«Au Nouveau-Brunswick, ils ont la politique "if you don't touch it, don't tax it"», a souligné M. Allard, donnant l’exemple d’une microdistillerie de la province voisine qui a réussi en très peu de temps à quadrupler de taille. 

«C’est vraiment une mouvance mondiale, les microdistilleries, et si le Québec ne veut pas manquer le bateau, il doit réagir rapidement», a soutenu M. Allard. 

Nouvel engouement

«Le phénomène des microdistilleries prend de l’ampleur comme on le sait tous partout dans le monde, et la vague qu’on a observé aux États-Unis prend place maintenant ici au Québec», a reconnu le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. 

Celui qui héritera du dossier dans la foulée du projet de loi 27 déposé en juin dernier se dit d’ailleurs «à l’écoute» des microdistilleries. 

«C’est clair que, pour le développement économique, il est important que ces distilleries-là aient la plateforme pour pouvoir exporter, a dit M. Fitzgibbon. Je pense que c’est un nouveau créneau important. On veut que nos entrepreneurs réussissent, alors peut-être qu’il faut revoir certaines choses.» 

Le ministre a d’ailleurs profité de sa visite pour rencontrer des représentants de l’Association des microdistilleries du Québec (AMDQ). 

«Je leur ai promis qu’on aurait une réunion bientôt pour revoir en détail si, effectivement, il y a lieu d’assouplir [les règles] pour permettre effectivement une croissance plus importante des distilleries du Québec», a indiqué M. Fitzgibbon.

Des produits en croissance

  • En 2014, les ventes de spiritueux au Québec représentaient 639 M$
  • En 2019, les ventes de spiritueux au Québec représentaient 816 M$
  • En 2014, les ventes de spiritueux québécois représentaient un montant de 36,2 M$
  • En 2019, les ventes de spiritueux québécois représentent 81 M$, une croissance de 38 % par rapport à l’année précédente, soit 22 M$ de plus (59 M$ en 2017-2018)

Source : Cabinet du ministre de l’Économie et de l’Innovation