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600 000 $ pour étudier les violences LGBTQ2

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Une chercheuse de l’Université Laval s’est vu octroyer une subvention de plus de 600 000 $ du gouvernement fédéral pour se pencher sur les violences dans les relations intimes et amoureuses chez les membres de la diversité sexuelle.

Selon les données collectées par l’équipe de Valérie Roy, chercheuse au département de travail social et de criminologie, les personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles, transgenres, queer, en questionnement, bispirituelles ou autre sont deux à trois fois plus susceptibles d’être victimes de violence que les gens hétérosexuels. Des statistiques qui méritent que l’on se pose certaines questions.

« Nous avons fait une première étude seulement sur les couples d’hommes en contexte de séparation et ça a montré la pertinence d’aller voir ce qui se passe chez toutes les populations LGBTQ2 », explique la chercheuse de l’Université Laval.

Outils d’intervention

En collaboration avec divers organismes communautaires, Valérie Roy et son équipe rencontreront au cours des prochaines années des victimes de violence pour entendre leur histoire. Les entrevues serviront à développer des outils d’intervention mieux adaptés.

« La problématique est que la vision de la violence conjugale a été construite de façon très hétéronormative, un homme violent envers une femme. Ils ne se reconnaissent donc pas dans les services, parce qu’ils ne reconnaissent même pas qu’ils sont victimes », souligne la chercheuse.

Ultimement, Mme Roy souhaite que les outils qui seront développés soient utilisés autant dans les organismes que dans le réseau de la santé. « Les organismes sont souvent la porte d’entrée, mais les hôpitaux et les CLSC le sont aussi, souvent dans les moments de crise, donc nous souhaitons développer ces partenariats ».

Leçons à tirer

L’annonce de la subvention de 600 000 $ a été faite par la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, qui souligne l’importance de tels travaux.

« Par notre appui [au projet], nous espérons mieux comprendre ces défis et tirer des leçons des points de vue et du vécu des personnes survivantes » fait remarquer la ministre, qui souhaite « mettre fin à toute violence fondée sur le sexe et à la violence conjugale au Canada ».

D’autres initiatives semblables ont été financées par le gouvernement fédéral ailleurs au pays depuis le début de l’année. Près de 4 M$ ont été distribués à travers six autres initiatives visant à prévenir les violences envers la communauté LGBTQ2.

« C’est très positif, parce qu’une des premières étapes pour soutenir une intervention, c’est de rendre visible le problème. C’est ce qu’on fait actuellement », se réjouit Valérie Roy.