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Beaucoup d’apprentissage reste à faire en sentiers

La Sûreté du Québec redouble d’efforts durant les vacances de la construction

La Sûreté du Québec a haussé sa présence dans les 22 000 km de sentiers fédérés pendant les vacances de la construction afin de faire de la prévention, alors que les accidents mortels hors route sont en hausse. Ci-dessus, une vérification qui s’est avérée tout en règle pour Sylvain Gareau et sa conjointe Martine Blais lors d’une opération dans les sentiers balisés de Lanaudière.
Photo Jonathan Tremblay La Sûreté du Québec a haussé sa présence dans les 22 000 km de sentiers fédérés pendant les vacances de la construction afin de faire de la prévention, alors que les accidents mortels hors route sont en hausse. Ci-dessus, une vérification qui s’est avérée tout en règle pour Sylvain Gareau et sa conjointe Martine Blais lors d’une opération dans les sentiers balisés de Lanaudière.

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Des conducteurs mal informés ou simplement entêtés forcent la Sûreté du Québec à intervenir davantage dans les sentiers balisés de véhicules tout-terrain de certains secteurs de la province.

« Dans ma pire journée, le bilan est monté à 23 constats, déplore le sergent Jean-François Villemure, coordonnateur récréotouristique pour la SQ. [Le comportement des gens] met en péril les droits de passage, car les municipalités se tannent. »

Au Québec, quelques territoires seraient plus délinquants au chapitre des règlements.

L’un d’eux se situe à Chertsey, dans Lanaudière. Le Journal y a récemment accompagné le sergent Villemure lors d’une opération.

« On se donne un point de ralliement. On fait un blocage et on effectue des vérifications, raconte-t-il, ajoutant croiser plus de gens ainsi. Notre but n’est pas de nous cacher. On se met visibles. »

En deux heures, le sergent Villemure a néanmoins émis six constats d’infraction et huit avertissements, en plus de procéder au remisage d’un bolide.

Vérifications du port du casque et d’une protection oculaire, du permis de conduire, des preuves d’assurances, de l’immatriculation et des droits de circuler : les vérifications concernent de multiples infractions potentielles.

Le Far West

Un adepte de VTT a d’ailleurs été intercepté sans casque.

« C’est comme ça, ici. On n’appelle pas ça le Far West pour rien. Plein de gens roulent sans casque », s’est défendu le conducteur, qui a tout de même dû repartir à pied.

L’omission de porter un casque est d’ailleurs un fléau aux yeux des patrouilleurs.

C’est l’une des raisons pour lesquelles la SQ a redoublé d’efforts durant les vacances de la construction. Le but premier demeure tout de même d’enseigner, et non de punir, insiste le sergent Villemure.

« Les gens sont souvent juste mal informés », dit le policier.

Il remarque également que les pistes ont été moins occupées ces deux dernières semaines.

« C’est un sport qui coûte de plus en plus cher, tant les machines que les expéditions », explique Stéphane Bourgoin, président du Club Paradis du Quad Ouareau.

« Les familles se planifient d’autres activités pour les vacances de la construction. Autrement, on voit une augmentation », précise-t-il.

Aide colossale

Pour intervenir sur les 22 000 km de sentiers fédérés du Québec, la SQ compte sur 270 patrouilleurs quadistes, qui sont appuyés par des agents de sentiers, soit des adeptes qui peuvent également remettre des contraventions.

« Ce sont tous des bénévoles dévoués. C’est un partenariat primordial pour nous, insiste le sergent Villemure. On veut être présents pour que les gens changent leurs habitudes. Notre présence augmente le sentiment de sécurité. »

Un bilan des décès qui est plus lourd au Québec

Christian Paquin, Lieutenant Sûreté du Québec
Photo Jonathan Tremblay
Christian Paquin, Lieutenant Sûreté du Québec

Le bilan des collisions mortelles impliquant des véhicules tout-terrain sur les territoires desservis par la Sûreté du Québec s’annonce sombre.

Lorsque Le Journal a accompagné des patrouilleurs en plein cœur des vacances de la construction, on dénombrait trois morts de plus que l’an dernier à pareille date.

« On en est déjà rendu à 11 décès », se désolait Christian Paquin, lieutenant responsable du bureau de la sécurité routière pour la Sûreté du Québec (SQ).

« C’est préoccupant pour nous. Notre objectif ultime, c’est certainement d’améliorer ce bilan », ajoute-t-il.

L’an dernier, le décompte s’était arrêté à 25 collisions mortelles. C’était huit de plus qu’en 2017.

Plusieurs facteurs peuvent être liés à cette hausse, indique la SQ.

« Les moteurs sont de plus en plus performants. Si on mélange ça à un manque d’expérience, ça peut rapidement créer un comportement à risques », avance le sergent Jean-François Villemure.

Le lieutenant Paquin croit de son côté que le fait que la loi ne s’applique plus désormais sur les terrains privés a aussi pu contribuer à la hausse des accidents mortels.

« Il y a des efforts qui sont mis de notre côté pour ramener ça comme avant », dit-il.

Moins de contraventions

Pour ce qui est des constats d’infraction donnés, on note pourtant que leur nombre est en constante diminution ces quatre dernières années.

« L’an dernier, on a connu une baisse significative », se réjouit le lieutenant Paquin.

En 2018, 1559 contraventions ont été données sur les sentiers hors route, bien que la moyenne se soit chiffrée à 2436 depuis 2015.

« On aime penser que les gens sont de plus en plus conformes, que les efforts de nos interceptions font effet », ajoute le sergent Villemure.

Ce dernier tient à rappeler qu’il est strictement interdit de circuler sur les voies publiques qui ne sont pas fédérées, même si le mythe veut qu’on puisse se rendre aux sentiers dédiés à cet effet s’ils sont à proximité.

Il s’agit, selon lui, d’une infraction fréquente.

Des infractions fréquentes

Sans casque

La Sûreté du Québec a haussé sa présence dans les 22 000 km de sentiers fédérés pendant les vacances de la construction afin de faire de la prévention, alors que les accidents mortels hors route sont en hausse. Ci-dessus, une vérification qui s’est avérée tout en règle pour Sylvain Gareau et sa conjointe Martine Blais lors d’une opération dans les sentiers balisés de Lanaudière.
Photo Jonathan Tremblay

Un conducteur téméraire a été vu sans casque sur son véhicule tout-terrain lors de l’opération à laquelle Le Journal a assisté dans Lanaudière.

Au total, le jeune homme de 28 ans avait commis pas moins de neuf infractions.

Les plus importantes concernaient le fait qu’il ne portait pas de casque, son immatriculation impayée et l’absence d’une assurance responsabilité.

Pour ces raisons, son VTT a été transporté sur une remorqueuse et remisé. Son constat dépassera possiblement les 1000 $, a estimé le sergent de la SQ qui l’a intercepté.

« C’est une infraction qui me dérange, car c’est la sécurité des gens. Porter un casque sauve des vies », a commenté Stéphane Bourgoin, président du Club Paradis du Quad Ouareau, à Chertsey. Ce dernier a accompagné la SQ lors de l’intervention.


Les yeux aussi

La Sûreté du Québec a haussé sa présence dans les 22 000 km de sentiers fédérés pendant les vacances de la construction afin de faire de la prévention, alors que les accidents mortels hors route sont en hausse. Ci-dessus, une vérification qui s’est avérée tout en règle pour Sylvain Gareau et sa conjointe Martine Blais lors d’une opération dans les sentiers balisés de Lanaudière.
Photo Jonathan Tremblay

Si le casque est important, plusieurs adeptes de VTT semblent omettre de porter une protection oculaire avant de s’aventurer dans les sentiers.

Richard Demers, qui circulait avec sa conjointe Ginette sur leur Can-Am Outlander jaune, a ainsi reçu un avertissement lorsqu’ils se sont fait intercepter pour une vérification de routine. Les policiers ont aussi vérifié que leur VTT était bien conçu pour accueillir deux passagers.

En effet, peu d’adeptes sont au courant, mais une carte de compétence est requise lorsqu’on veut circuler à deux sur un VTT conçu à l’origine pour un seul passager.


Miroir oublié

La Sûreté du Québec a haussé sa présence dans les 22 000 km de sentiers fédérés pendant les vacances de la construction afin de faire de la prévention, alors que les accidents mortels hors route sont en hausse. Ci-dessus, une vérification qui s’est avérée tout en règle pour Sylvain Gareau et sa conjointe Martine Blais lors d’une opération dans les sentiers balisés de Lanaudière.
Photo Jonathan Tremblay

Un homme de 50 ans, adepte de moto à double usage, a reçu une contravention pour avoir roulé sans miroir dans les sentiers.

« Je l’ai oublié ce matin dans le camion. À 50 ans, on est là pour être en règle, on n’est plus des petits culs de 20 ans », s’est excusé Marc-André Lettre, en expliquant sa bourde.

Celui-ci pratique ce sport de plein air depuis 30 ans. Malgré son expérience, il a aussi reçu un avertissement, car son phare avant n’était pas allumé, même s’il doit l’être en tout temps.

La Sûreté du Québec a indiqué que ce type de moto à double usage, c’est-à-dire qui peut circuler tant sur les routes que dans les sentiers, selon l’immatriculation, est en vogue au Québec.