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Les États-Unis à la croisée des chemins

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Au-delà du théâtre parfois loufoque de la politique à l’ère de Donald Trump, des choix fondamentaux se posent aux Américains d’ici à novembre 2020. Ces choix importent pour nous comme pour eux.

Pourquoi s’en faire avec une élection dans un pays étranger qui n’aura pas lieu avant 15 mois ?

Le terme est peut-être un peu éculé, mais le choix qui confronte les Américains est véritablement historique.

Ce choix est clair, il comporte de multiples dimensions et il transcende les frontières.

Un choix clair

Réélire Trump ou pas ? Que signifie vraiment ce choix ?

D’abord, c’est un choix entre l’idéal de pluralisme, qui guide la politique américaine depuis que les fondateurs en ont codifié les règles, et le populisme, qui a parfois menacé d’effacer ces règles dans le passé, mais jamais autant qu’aujourd’hui.

Ce populisme, c’est la conviction qu’un groupe circonscrit et ceux qui agissent en son nom incarnent le « peuple vrai » et que ceux qui les contestent sont des traîtres. C’est aussi l’illusion que chaque problème complexe a une solution simple et qu’il suffit d’élever au pouvoir un héros mythique qui prétend incarner ce « peuple vrai » pour tout régler.

Le courant politique incarné par Donald Trump et le culte de la personnalité qui l’entoure mènent, entre autres, à la domination de l’arbitraire et de l’autoritarisme sur la règle de droit.

Un choix multidimensionnel

Il y a d’autres dimensions au choix qui attend les Américains. Choisira-t-on de restaurer un semblant de civilité dans le discours public ou consacrera-t-on l’insulte et la diabolisation de l’adversaire comme la nouvelle norme de communication politique ?

Choisira-t-on le tribalisme partisan ou le sain débat d’idées comme base de tout jugement politique ? Jugera-t-on les idées, paroles et actions politiques par l’identité de leurs défenseurs ou selon leur valeur intrinsèque ? Les républicains réaliseront-ils qu’ils défendent aujourd’hui des idées et des actions qu’ils condamnaient vertement hier à peine ?

Choisira-t-on la science ou l’ignorance ? L’internationalisme libéral ou l’unilatéralisme rétrograde ? Le capitalisme sauvage ou un interventionnisme éclairé ? Les divisions à n’en plus finir ou un vivre-ensemble respectueux des différences ?

Un choix global

Les Américains doivent faire ces choix, mais ils ne sont pas les seuls.

À divers degrés, ces choix touchent plusieurs pays européens aux prises avec la tentation populiste. En Grande-Bretagne, l’élévation au pouvoir d’un émule de Donald Trump pose le même genre de questions. En France, le mouvement des Gilets jaunes risque de consolider un populisme politique déjà bien implanté. Sans parler d’autres pays, comme la Turquie et la Hongrie, où la démocratie libérale a déjà cédé le pas au populisme autoritaire.

Chez nous, les choix politiques et partisans ne sont pas aussi tranchés, mais ce n’est pas parce que le taux d’approbation de Donald Trump tourne autour de 10 à 15 % qu’on peut baisser la garde.

L’actuel président des États-Unis représente une conception de la politique que chacun d’entre nous, politicien ou citoyen, peut choisir d’adopter ou de rejeter avant, pendant et après les élections.