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On a coupé les coupés

On a coupé les coupés

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Inutile de revenir sur le fait que les gens n’en ont aujourd’hui que pour les véhicules utilitaires.  

Vous êtes à même de constater que l’automobile se fait de plus en plus rare, pendant que les VUS inondent le marché sous toutes ses formes. Qu’il s’agisse d’un Ford Ecosport ou d’un Expedition, d’un Nissan Kicks ou d’un Armada, chaque constructeur propose aujourd’hui un nombre quasi incalculable de déclinaisons de VUS. Une variation sur un même thème qui, admettons-le, rend le monde de l’automobile un peu moins excitant.

 

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Pourquoi moins excitant? Tout simplement parce que l’originalité n’est plus. Les véhicules ne se démarquent plus, n’innovent plus réellement en matière de design. On s’inspire du voisin pour lancer un produit qui viendra le rivaliser. Bien évidemment, certains VUS comme le Chevrolet Blazer ressort du lot en proposent des robes plus aguichantes, mais sous l’enrobage se trouve une formule on ne peut plus commune.

 

Pour se remémorer l’époque des familiales compactes ou même des cabriolets, il faut aujourd’hui remonter à près de 20 ans. À cette époque, GM proposait encore un cabriolet Cavalier ou Sunfire. Ford proposait une familiale Focus, tout comme Suzuki avec l’Esteem ou comme Hyundai avec l’Elantra. Dans plusieurs cas, une déclinaison coupé d’une berline compacte était aussi offerte, souvent en plusieurs versions. Pensez encore une fois au duo Cavalier/Sunfire, mais aussi à la Dodge Neon, à la Subaru Impreza et à la Nissan Sentra/200SX. On peut même évoquer la Hyundai Elantra et la Kia Forte, qui ont plus récemment été offertes en version coupé.

 

Malheureusement, comme pour les familiales et les cabriolets, les coupés compacts sont pour la plupart disparus du marché, si bien que ne restent aujourd’hui que des berlines qui, elles aussi, se font plus rares qu’à une certaine époque. Un bien triste bilan qui vient prouver mes propos des premières lignes. Les différentes configurations de carrosserie disparaissent donc une à une, pour ne faire place qu’à un seul type de véhicule aux multiples applications.

Fort heureusement, il existe encore un constructeur qui ose. Un constructeur qui considère que le marché du coupé compact n’est pas mort, écoulant chaque année environ 10 000 unités à l’échelle canadienne. Et ce constructeur, c’est Honda, qui propose encore aujourd’hui et ce, depuis 1993, un coupé Civic toujours très intéressant.

 

Admettons-le, Honda n’est pourtant pas un constructeur qui joue d’audace avec ses véhicules, et ce même si les designs se distinguent de la masse. Or, parce que la Civic est une histoire à succès et qu’on vise avec elle une clientèle âgée de 17 à 87 ans (peut-être même 97!), le coupé fait toujours partie des plans.

Qui vise-t-on avec un tel coupé? Une clientèle évidemment plus jeune, autant masculine que féminine, qui recherche un moyen de transport abordable et proposant une allure sportive plus prononcée. Une voiture pouvant bien sûr rouler toute l’année durant, avec des qualités plus rationnelles que celles qu’on attribue normalement à une authentique sportive.

J’ai donc eu cette semaine l’occasion de conduire l’actuel coupé Civic, qui roule sa bosse depuis maintenant plus de quatre ans. Une voiture toute simple, équipée d’un moteur 2,0 litres de 158 chevaux, avec laquelle on peut obtenir une bonne dose de plaisir. Évidemment, ne pensez pas que cette voiture accélère de façon foudroyante ou qu’elle mord dans le bitume comme une Porsche 911, mais il faut admettre que le plaisir au volant demeure palpable.

Plus court que la berline du même nom, le coupé Civic mis à l’essai était aussi muni d’une boîte manuelle à six rapports, un autre élément en voie de disparition. Heureusement, Honda a cru bon conserver cette offre pour l’ensemble des versions du coupé Civic, considérant les goûts de l’acheteur de ce genre de voitures. Offert en trois versions, ce qui inclut aussi la version Si à moteur de 205 chevaux, le coupé Civic n’a donc pas de réelle compétition. La Hyundai Veloster? Peut-être, puisqu’il s’agit aujourd’hui de celle qui s’en rapproche le plus. Cela dit, depuis la disparition de la Kia Forte Koup, la Civic coupé est seule sur son île.

 

Est-ce que Honda, qui redessinera prochainement la Civic, gardera le coupé dans ses plans? Espérons que oui. Chose certaine, ce dernier représente grosso modo 15 % des ventes d’une voiture vendue à environ 400 000 unités à l’échelle nord-américaine. Un chiffre assez considérable pour que Honda choisisse de la conserver, profitant aussi du fait que la concurrence est inexistante.

On pourrait même extrapoler en imaginant le retour d’une familiale Civic ou même d’un cabriolet. Sauf que là... on rêve en couleur! 

 

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