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Deux filles de Québec lancent un projet pour encourager le skate au féminin

Claudia Richard, l'une des deux entrepreneures derrière Pâle Skateboards, dans son élément
Courtoisie Claudia Richard, l'une des deux entrepreneures derrière Pâle Skateboards, dans son élément

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Amoureuses du skate, Claudia Richard et Laurence Fugère viennent tout juste de mettre sur pied Pâle Skateboards, une entreprise qui vise à encourager les artistes émergents et le skate féminin dans la province.

Changer les mentalités un skate à la fois

Fortes de leur temps passé dans le milieu du skate et de leurs expériences autour du monde, Claudia et Laurence ont dénoté un intérêt grandissant chez les femmes pour ce sport à Québec, sans toutefois voir de communauté se développer comme en Californie, à Melbourne ou à New York.

Les cofondatrices de Pâle Skateboards Laurence Fugère (à gauche) et Claudia Richard
Crédit photo: Alex Laskka
Les cofondatrices de Pâle Skateboards Laurence Fugère (à gauche) et Claudia Richard

Selon Claudia, il reste encore du chemin à faire pour que la gent féminine soit représentée.

«Je pense qu’il y en a beaucoup qui se limitent parce qu’elles n’ont pas de modèle féminin sur lequel s’appuyer. La peur de se faire juger l’emporte sur l’envie de rouler, avance-t-elle. C’est pas normal que j’entende encore des commentaires comme "Je suis trop gênée d’aller au skatepark" par plusieurs filles qui aimeraient skater tandis que mes amis gars ne se posent pas de question avant d’attaquer une rampe.»

Les colocs, maintenant partenaires d’affaires, ont voulu briser le pattern en trouvant une façon d'inciter plus de filles à se sentir à leur place dans le monde du skate. 

Après un brainstorm autour de quelques verres de vin et un repas copieux (les deux autres passions du duo mis à part le skate), l’illumination a surgi.

«On a imaginé un concept où des artistes d’ici pourraient afficher leur art sur des planches, explique Claudia. En parlant de notre idée à notre entourage, on s’est rendu compte que ça avait le potentiel de rejoindre beaucoup de gens et on a décidé de passer à l’action.»

Jumeler art et sport  

Pour leur première collection, les fondatrices ont établi un partenariat avec l'illustratrice Camille Pageau. «On lui a acheté un design, que l’on a reproduit par la suite sur des planches et des t-shirts», explique Claudia.

«On est deux personnes qui se soucient de notre empreinte environnementale. On voulait donc que l’entreprise reflète nos valeurs», précise l’entrepreneure de 23 ans.

Dans cet ordre d’idées, elles ont décidé de faire appel à un fournisseur de planches montréalais et à la compagnie Le Coin Créatif, une entreprise de Québec spécialisée en sérigraphie qui utilise des t-shirts provenant de l'Ontario, afin que leurs produits soient le plus locaux possible.

Par ailleurs, les femmes d’affaires tiennent à garder leurs prix assez bas. Les t-shirts se vendent au coût de 35$ et les planches autour de 65$.

Les commandes se font généralement via la page Instagram de Pâle Skateboards, où les clients peuvent réserver leur marchandise, faute d’avoir un site web. «Mais ça s’en vient!» promet Claudia.

Depuis la soirée de lancement de l’entreprise le 19 juillet dernier à Québec, le duo a eu plusieurs requêtes d’artistes d’un peu partout à travers la province pour collaborer au projet.

«On est en train de développer un partenariat avec une artiste montréalaise, mais on ne veut pas trop divulguer d’information là-dessus pour le moment», indique la femme d’affaires.  L’évènement a d’ailleurs généré pas mal plus d’engouement que ce à quoi la paire s’attendait. «On pensait voir juste nos amis, mais finalement il y avait beaucoup de monde. Nos t-shirts sont tous sold out et on a presque plus de planches en stock!» s’étonne Claudia. 

Claudia en pleine démonstration de ses talents à la soirée de lancement de Pâle Skateboards
Crédit photo: Alex Laskka
Claudia en pleine démonstration de ses talents à la soirée de lancement de Pâle Skateboards

Bien que Pâle Skateboards soit gouvernée par deux filles, les fondatrices ne désirent pas nécessairement apposer d’étiquette à leur marque. «On ne veut pas mettre de barrière. On souhaite autant toucher les gars que les filles avec notre projet», confie l’entrepreneure, qui affirme qu’au moins la moitié de sa clientèle est masculine à l’heure actuelle.

Tomber dans l’entrepreneuriat par la force des choses

Quelques-uns des 100 participants présents à la soirée de lancement de l'entreprise
Crédit photo: Alex Laskka
Quelques-uns des 100 participants présents à la soirée de lancement de l'entreprise

Claudia et Laurence n’avaient pas envisagé l’entrepreneuriat comme trajectoire de vie avant la création de Pâle. «J’ai complété une technique en commerce il y a quelques années, mais je n’ai pas fait grand-chose avec ça», raconte Claudia.

Elle a plutôt enfilé son backpack pour voyager pendant un certain moment au lieu de se diriger vers le marché du travail.

C’est d’ailleurs en Australie qu’elle a goûté au skate pour la première fois. «J’étais toute seule et je me suis dit que j’irais au skatepark pour rencontrer du monde et apprendre le sport. Finalement, j’ai découvert une communauté incroyable et je suis tombée en amour avec ce lifestyle.»

De son côté, Laurence a étudié en anthropologie à Québec, puis s'est installée à Tofino en Colombie-Britannique, où elle a vécu pendant 4 ans. «C'est là que j'ai développé ma passion pour le skate», explique-t-elle. 

Lorsqu'elle ne «shredait» pas au skatepark local de la petite ville côtière, la jeune femme de 25 ans aimait partir découvrir le monde pendant quelques mois. 

Laurence qui attaque la rampe
Courtoisie
Laurence qui attaque la rampe

L'un des voyages les plus marquantes pour elle a été son périple au Pérou dans une communauté défavorisée. 

«Mon chum et moi sommes partis un mois dans un bidonville de Lima pour enseigner le skate à des enfants. C'était vraiment incroyable», raconte celle qui retournera aux études en travail social dès cet automne. 

Claudia Richard, l'une des deux entrepreneures derrière Pâle Skateboards, dans son élément
Courtoisie

Puisque leur projet vient tout juste de naître, les deux amies travaillent toujours en restauration à temps plein. «Disons que la marge de profit que l’on a fait jusqu’à maintenant n’est pas immense. Mais de toute façon, on ne fait pas ça pour le cash. On le fait parce qu’on est passionnées», explique Claudia.

Les entrepreneures ne cachent pas cependant qu’elles aimeraient «étendre» leur projet ailleurs dans la province.

Elles seront justement à Montréal le 31 août prochain pour participer à un pop-up shop près du skatepark sous le viaduc Van Horne afin de faire connaître leur brand à la scène du skate féminin de la métropole.

«On n’a pas de plan d’expansion pour devenir une grosse compagnie. On veut juste avoir du fun et faire triper les gens en même temps.» 

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