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Éric Salvail a-t-il le droit de faire la fête?

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Vous en avez sûrement entendu parler : c’est le pseudo-scandale de la semaine. Éric Salvail a chanté ! Dans sa douche ? Non, dans un bar ! Hein, il a osé faire ÇA... devant des gens ?

Oui, oui, et ça a tellement choqué Bianca Longpré (Mère ordinaire) qu’elle l’a filmé et diffusé les images sur ses réseaux sociaux, avec des gros mots très fâchés écrits en majuscules.

Misère, je sais que c’est l’été, pendant les vacances de la construction et que la canicule ralentit le fonctionnement du cerveau. Mais, bordel ! Est-ce qu’on peut laisser une personnalité publique, innocente jusqu’à preuve du contraire, chanter faux en paix ?

EN MODE ORDINAIRE

L’ancien animateur vedette est accusé d’agression sexuelle, de harcèlement criminel et de séquestration. Il subira son enquête préliminaire du 30 septembre au 2 octobre­­­.

À ce que je sache, aucune cour de justice n’a interdit à Éric Salvail de sortir de chez lui, de se déplacer librement. Aucun juge ne lui a interdit de fréquenter des endroits publics, d’avoir du fun. Et surtout, aucune loi au pays ne lui a interdit de nous casser les oreilles en chantant très faux une toune kétaine. Imaginez vous donc qu’en plein bar karaoké, il a choisi de chanter Changer de la comédie musicale Don Juan, dont voici les paroles : « Changer, Quand on est devenu le dernier des hommes, Pour s’être cru le roi quand on n’est personne »...

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Imaginez-vous donc que certains internautes étaient scandalisés par son choix de chanson. Qu’aurait-il fallu que Salvail chante pour vous faire plaisir ? Salaud, cette toune de Plamondon pour la comédie musicale Cindy ? « T’es l’plus beau de tous les salauds que la terre ait porté, pas satisfait d’avoir ma peau, il te fallait mon sang, mes os » ?

Je ne suis ni une amie ni une ennemie d’Éric Salvail. Mais je considère que, comme tout citoyen en attente d’un procès, il a le droit à une liberté d’action.

Qu’aurait-il fallu qu’il fasse ? Qu’il se terre dans son salon jusqu’au 30 septembre, date du début de son procès ? Qu’il se cache sous une roche ? Qu’il se cloître dans un monastère ? Qu’il reste chez lui et se fasse livrer des pizzas sous un faux nom ? Qu’il porte un faux-nez, des lunettes de soleil, qu’il se laisse pousser la barbe pour que personne ne le reconnaisse ?

Misère ! C’est quoi cette petite police vicieuse, qui traque les personnalités publiques, les filme à leur insu, distribue ça sur les médias sociaux, pointe du doigt, juge sans nuances, accuse sans preuves et condamne sans appel.

J’imagine quelqu’un qui filmerait Bianca Longpré à son insu, alors qu’elle est avec ses enfants à La Ronde, et qui distribue ça en écrivant des sacres en majuscules, parce qu’un jour Bianca l’a contrarié d’une manière ou d’une autre.

JUGE ET PARTIE

Ni vous ni moi ne savons ce qui s’est passé entre Éric Salvail et sa présumée victime. Ni vous ni moi ne savons quelle sera l’issue du procès.

On a tous le droit d’avoir une opinion sur le personnage, animateur génial ou humain pourri, mais faire le procès d’un individu sur la place publique ainsi, c’est comme qui dirait... très ordinaire.