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La C Series s’envole, Bombardier chute

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La valorisation de Bombardier en Bourse a fondu de 8 milliards de dollars en un an, soit depuis qu’elle a cédé à Airbus le contrôle du partenariat C Series.

Lorsque Bombardier a officiellement (et gracieusement) donné le contrôle du partenariat C Series à Airbus, le 1er juillet 2018, le titre de Bombardier se négociait à 5,20 $ pièce. La valorisation de Bombardier en Bourse atteignait les 12,4 milliards $, comparativement à seulement 4,4 milliards $ aujourd’hui.

Rappelons qu’en septembre 2018, la haute direction de Bombardier avait profité du prix élevé de l’action pour liquider de gros blocs d’actions à la suite de la mise en place par le conseil d’administration d’un Régime d’aliénation de titres automatique (RATA). Cela avait notamment permis au grand patron de Bombardier, Alain Bellemare, d’encaisser plus de 10 millions $ de profits.

Malheureusement, la grande majorité des actionnaires n’a pas eu le « flair » de liquider, à l’instar de M. Bellemare, une portion de ses actions avant que le titre ne commence à péricliter dans les semaines qui ont suivi la liquidation de blocs d’actions par les dirigeants de l’entreprise.

La chute du titre a coïncidé avec le dévoilement de résultats financiers décevants. Et la révision à la baisse des prévisions financières.

ET ÇA EMPIRE...

Avant-hier, jour de dévoilement des résultats du 2e trimestre, le titre de Bombardier s’est momentanément ramassé à seulement 1,78 $ en cours. L’action de Bombardier a finalement bouclé la semaine 1,85 $, pour une valorisation boursière de 4,4 milliards $.

Les investisseurs ont réagi fort négativement devant lesdits résultats financiers trimestriels, et devant la nouvelle révision à la baisse des revenus pour l’ensemble de 2019.

Ainsi, un an après avoir offert sur un plateau d’argent le contrôle du C Series à Airbus, le titre de Bombardier accuse un recul de 64 %.

Ça dépasse l’entendement.

FRUSTRATION

La déconfiture boursière du titre s’avère d’autant frustrante pour les actionnaires de Bombardier que le carnet de commandes de la C Series (devenue l’A220) a considérablement augmenté depuis que Bombardier a donné 50,01 % du partenariat du C Series à Airbus.

Le carnet de commandes fermes est passé de 365 biréacteurs (juin 2018) à 611 aujourd’hui, soit 246 biréacteurs de plus qu’il y a un an.

Et la direction de Bombardier, elle, semble contente d’avoir cédé le contrôle du C Series à Airbus.

« Bombardier continue de participer au succès des avions A220 grâce à sa participation de 33,55 % dans SCAC », précise la direction dans le communiqué portant sur les résultats du 2e trimestre, en prenant soin d’ajouter que Bombardier venait de connaître son « Premier exercice fructueux du partenariat avec Airbus relatif au programme d’avions A220 ».

Mais l’impact sur le titre de Bombardier de ce « premier exercice fructueux du partenariat avec Airbus » ne s’est pas avéré fructueux. Pas encore, à tout le moins.

L’actuelle valorisation boursière de Bombardier, soit 4,4 milliards $, est nettement inférieure à la valeur estimée (minimum 7 milliards $) des parts que Bombardier détient dans la C Series (33,55 % = 2,3 milliards $ en juillet 2018) et dans Bombardier Transport (70 % = 4,7 milliards $ en octobre 2015).