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Le PLQ, toujours sonné

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Il y a un peu moins d’un an, le Parti libéral du Québec, après quinze années quasi ininterrompues passées au pouvoir, se faisait violemment rejeter dans l’opposition. Et quoi qu’en disent les spécialistes du déni, s’il a perdu, c’est d’abord parce qu’il était devenu radicalement étranger à la majorité historique francophone.

On s’en souvient : à peine un Québécois francophone sur dix a voté pour lui. L’explication ? Le PLQ est devenu un parti radicalement antinationaliste, toujours occupé à sermonner les Québécois, à leur prêter de funestes pensées, à les soupçonner d’intolérance et à combattre leurs aspirations collectives les plus raisonnables.

Francophones

Par exemple, pendant dix ans, le PLQ a laissé pourrir la question de la laïcité, en l’assimilant systématiquement au racisme. Il s’est montré insensible à l’anglicisation de Montréal, quand il ne l’a pas encouragée. Il a augmenté les seuils d’immigration de manière irresponsable, sans tenir compte de nos capacités d’intégration, au point d’engager une dynamique démographique entraînant progressivement une régression de la majorité historique francophone.

En votant contre lui, les Québécois ont eu ce qu’on pourrait appeler un réflexe de survie. Les francophones, qui se condamnaient à l’opposition en se divisant exagérément, ont repris le pouvoir.

Un tel résultat pourrait entraîner le PLQ à faire le bilan de sa dérive. Une question devrait l’obséder : comment renouer avec les Québécois francophones et démontrer qu’il est capable de sortir mentalement du West Island et de son extension politique qu’est Laval ? Comment se réenraciner dans le nationalisme québécois pour le formuler à sa manière ?

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Apparemment, il est loin d’avoir engagé le début de cette introspection politique. Lorsque viendra la course à la direction du PLQ, il serait intéressant de demander aux candidats à la chefferie ce que représente pour eux le nationalisme. Je redoute un long silence et des bafouillements maladroits.

Le PLQ rêve d’un Québec bilingue, multiculturaliste et canadien d’abord.

En d’autres mots, le PLQ semble toujours sonné idéologiquement.

On l’a vu sur Twitter, hier, quand sa directrice générale, Véronyque Tremblay, pourtant une femme politique de qualité, écrivait : « Ne soyons pas dupes, son petit jeu est clair, il prépare le terrain pour la souveraineté. »

Ce qu’il faut en comprendre, c’est que du point de vue du PLQ, il suffit de rompre avec la soumission enthousiaste avec le Canada version Trudeau pour basculer dans l’hérésie séparatiste !

Trudeau

Le simple fait que pour le PLQ, l’autonomisme le plus modéré conduise automatiquement à la souveraineté en dit beaucoup sur la distance qu’il lui reste à faire sur le chemin de la renaissance politique. Car ce qui distingue le gouvernement Legault, en la matière, c’est sa modération idéologique. On ne saurait sérieusement lui prêter une intention indépendantiste.

Suffit-il donc d’endosser la laïcité et d’assumer l’identité québécoise, de rompre avec le multiculturalisme et de ne pas se dire canadien d’abord pour s’engager sur le chemin de la souveraineté ?

Celui qui rompt avec le trudeauisme est-il condamné tôt ou tard à embrasser l’indépendance du Québec ?

Peut-être est-ce le cas. Mais c’est là un tout autre débat.