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Québec investit 25 millions $ dans la jeune firme Element AI

La start-up montréalaise veut devenir un poids lourd de l’intelligence artificielle

Le PDG et cofondateur d’Element AI, Jean-François Gagné, affirme que son entreprise lancera trois produits d’ici la fin de l’été.
Photo d'archives, Tirée de Twitter Le PDG et cofondateur d’Element AI, Jean-François Gagné, affirme que son entreprise lancera trois produits d’ici la fin de l’été.

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Le gouvernement Legault mise 25 millions $ US sur l’entreprise montréalaise Element AI, qui a l’ambition de devenir un leader mondial de l’intelligence artificielle, mais qui n’a encore lancé aucun produit.

La firme « présente un intérêt économique important pour le Québec », peut-on lire dans le décret autorisant l’investissement en capital-actions, publié récemment dans la Gazette officielle.

« Nous sommes honorés de la confiance que le gouvernement du Québec place en Element AI », a réagi l’entreprise dans une déclaration envoyée au Journal.

La Caisse aussi

Selon le Globe and Mail, l’investissement de Québec s’inscrit dans une ronde de financement de 100 à 250 M$ US à laquelle participe également la Caisse de dépôt et placement.

Element AI a été fondée à la fin de 2016 par plusieurs Québécois, dont le célèbre professeur Yoshua Bengio de l’Université de Montréal, considéré comme l’un des pères de l’apprentissage profond. L’objectif : créer un champion canadien de l’intelligence artificielle capable de rivaliser avec des géants américains comme Google et Facebook.

Lors de deux rondes menées en 2016 et en 2017, l’entreprise a recueilli 102 M$ US auprès d’investisseurs comme Microsoft, Intel, Nvidia, la Banque Nationale, la Banque de développement du Canada, Real Ventures et Fidelity Investments. Puis, en décembre 2018, Ottawa a prêté 5 M$ à Element AI.

Il s’agissait d’une récolte sans précédent dans le secteur naissant de l’intelligence artificielle au Canada.

Stratégie remise en question

Des observateurs de l’industrie s’interrogent toutefois sur les perspectives de succès d’Element AI.

L’entreprise a embauché de nombreux chercheurs de haut niveau, mais ne commercialise toujours pas de produit permettant de générer des revenus récurrents.

« La feuille de route en matière de produits n’est pas claire, la seule chose qui est claire, c’est “embauchons autant de gens que nous le pouvons” », a récemment affirmé au Globe, sous le couvert de l’anonymat, un financier qui a songé à investir dans Element AI avant de se raviser.

Dans ses bureaux du quartier Mile-Ex, l’entreprise emploie environ 500 personnes, dont une centaine de détenteurs d’un doctorat.

D’autres sources confidentielles ont confié au quotidien torontois que l’entreprise met plus de temps que prévu à développer des outils informatiques pour la Banque Nationale, le Port de Montréal, l’institution financière britannique HSBC et le fonds singapourien GIC.

Le PDG de l’entreprise, Jean-François Gagné, assure toutefois qu’Element AI lancera sept produits d’ici la fin janvier, dont trois avant la fin de l’été.

Au cours de son dernier exercice, qui a pris fin le 31 janvier, l’entreprise a affiché un chiffre d’affaires de moins de 10 M$, d’après des informations du Globe and Mail.

La majorité des revenus provient de services de consultation offerts à de grandes entreprises comme L’Oréal, Hyundai, Maple Leaf et Barrick Gold.