/entertainment/tv
Navigation

«Cerebrum»: un psychiatre dans la tourmente

ART-SERIE-CEREBRUM
Photo COURTOISIE

Coup d'oeil sur cet article

MONTRÉAL – Une chevronnée psychologue (Evelyne de la Chenelière) disparaît mystérieusement, laissant dans l’incompréhension son mari psychiatre (Claude Legault) et ses deux adolescents tourmentés. Entre une clientèle à l’humeur instable et un entourage parfois hostile, qui est responsable du drame?

Le suspense de «Cerebrum», série toute fraîche de Richard Blaimert («Hubert et Fanny», «Nouvelle adresse») qui sera ajoutée au catalogue de Tou.tv Extra ce jeudi, 8 août, se déploie tranquillement, mais captive aux premières minutes. On s’est rarement intéressés d’aussi près à la santé mentale dans une fiction québécoise, et la matière est abondante.

Blaimert, qui avait sporadiquement manié la caméra dans ses productions précédentes, et Guy Édoin («Marécages», «Malek», «Ville-Marie») se partagent la réalisation des 10 heures de ce thriller familial, produit par Datsit Sphère.

Nombreux suspects

On comprend rapidement les exigences du métier de la «parfaite» Anne Beaulieu, psychologue un brin rigide, et de son époux Henri Lacombe, psychiatre émérite à l’Institut national de santé mentale, où il vient d’être promu directeur.

Chacun accueille dans son bureau son lot de patients aux profils divers (schizophréniques, narcissiques, angoissés), aussi touchants que pathétiques. Sonia Vachon et Linda Sorgini incarnent notamment, avec brio, des femmes profondément troublées, dont les scènes créent malaise et surprise.

Anne et Henri sont parents de la révoltée Marine (Marianne Verville), 19 ans, et de William (Henri Picard), 17 ans, un garçon anxieux, qui entretient une relation amoureuse toxique avec Laure (Ludivine Reding).

Alors qu’elle devait rejoindre son conjoint pour souper, on constate qu’Anne s’est volatilisée. Les policiers Simone Vallier (Christine Beaulieu) et Danno Boulianne (Olivier Gervais-Courchesne) s’en mêlent. Automatiquement, le téléspectateur se repassera à l’esprit les visages croisés dans l’heure précédente, chacun détenant un mobile ayant pu le mener à vouloir kidnapper Anne et, pourquoi pas, la tuer.

Les proches d’un patient bipolaire d’Henri s’étant récemment enlevé la vie auraient-ils pu orchestrer une vengeance pour punir le médecin de n’avoir su éviter le pire? Une patiente théâtrale et entichée d’Henri voudrait-elle éliminer sa rivale? Des représentants d’un lobby pharmaceutique, frustrés de la croisade d’Anne contre les produits de chirurgie esthétique, auraient-ils employé la manière forte pour la faire taire? Bref, dans «Cerebrum», tout le monde est suspect.

Au fil de l’enquête, Henri et la détective Simone Vallier se rapprocheront – sans tomber amoureux –, leurs boulots respectifs s’avérant à la fois complémentaires et opposés. On verra comment l’homme arrivera à garder pied dans la tourmente, qui n’ira qu’en croissant. Un psychiatre peut-il continuer de témoigner de l’empathie quand son propre monde s’écroule?

Comme dans tous les projets de Richard Blaimert, «Cerebrum» recèle des instants volés à la «vraie vie», comme ces apparitions remarquées du chat des Beaulieu-Lacombe. L’auteur s’est adjoint la collaboration de la psychiatre Marie-Ève Cotton et de l’ancien policier Roberto Bergeron pour rehausser ses textes de réalisme.

Radio-Canada compte diffuser «Cerebrum» («cerveau», en anglais et en latin) à la télévision ultérieurement. Le brouillard autour d’Anne sera dissous à la fin de la première saison, mais un deuxième chapitre est déjà en écriture.