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Joe Biden : la voix de la raison

Joe Biden : la voix de la raison
AFP

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Dans la foulée des tueries d’El Paso et de Dayton, une sortie se démarque du lot. Aux antipodes de l’inaction crasse et volontaire de Donald Trump, l’entrevue de Joe Biden diffusée lundi soir sur CNN marquera les annales.  

Vice-président sous Barack Obama et candidat à l’investiture présidentielle démocrate, Joe Biden s’est fait la voix de la raison. La vérité, il l’a dite toute crue. La montée réelle de l’extrême-droite et du suprémacisme blanc constitue, lance-t-il, la véritable menace, physique, politique et sociale. Le danger ne vient donc plus de l’étranger, mais de l’intérieur.   

Celui qui en joue à ses propres fins «opportunistes», note-t-il, s’appelle Donald Trump. Ce que nous avons devant nous, dit Joe Biden, est du «terrorisme intérieur» nourri par la «rhétorique» haineuse du président. D’où l’urgence d’agir sur plusieurs fronts.   

Plusieurs fronts

Notamment, en combattant le discours anti-immigrants et raciste de Trump. Lequel, sans l’avoir créé, alimente néanmoins le «nationalisme blanc» et ses adeptes les plus enragés. Joe Biden propose aussi de réduire le nombre d’armes en circulation tout en donnant aux forces policières les ressources et les outils législatifs nécessaires pour contrer le terrorisme intérieur au même titre que le terrorisme djihadiste l’a été.   

Pas une maladie mentale

Quant à la réduction des tueurs par Trump au rang de «malades mentaux», Joe Biden remet aussi les pendules à l’heure : «La haine est quelque chose de malade, mais ce n’est pas de la maladie mentale. Le suprémacisme blanc n’est pas une maladie mentale. C’est un comportement haineux. Nous devons reconnaître cette haine et la combattre.».   

Il est possible que Joe Biden remporte l’investiture présidentielle démocrate, mais c’est peu probable. Il n’en reste pas moins que ses constats terriblement lucides sont fondés sur des faits inéluctables. Dans ce pays trempé jusqu’à l’os dans la violence et le racisme depuis sa création, y a-t-il encore le moindre espoir qu’on l’entende vraiment?