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Only in America

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Les risques de mourir sous les balles d’un tueur sont plus élevés en Colombie ou en Afrique du Sud qu’aux États-Unis.

Ce qui est typiquement américain, c’est l’individu lourdement armé qui entre dans un centre d’achat ou dans une école et qui commet un carnage.

Cela n’arrive pas qu’aux États-Unis, mais cela y arrive infiniment plus qu’ailleurs.

Les tueries d’El Paso et de Dayton portent à 251 le nombre de fusillades ayant provoqué un minimum de quatre victimes depuis le début de l’année aux États-Unis.

Aucun pays n’arrive à sa cheville.

Tordu

Comment se fait-il que ces tueries de masse y soient si communes ?

Les États-Unis ne représentent que 4,29 % de la population mondiale, mais on y trouve 40 % des armes possédées par des civils, et on ne parle ici que des armes enregistrées et retraçables.

C’est non seulement le nombre d’armes, mais aussi les types.

Aux États-Unis, il est plus facile que n’importe où ailleurs de se procurer des armes conçues non pour la chasse au canard, mais pour faire le plus de dégât possible.

Hier, en évoquant les jeux vidéo, l’internet, les maladies mentales et la peine de mort, Donald Trump tournait autour du pot.

En gros, c’est la rhétorique du pitbull : le problème n’est jamais le chien, c’est toujours le maître.

On fait comme s’il n’y avait pas des armes ou des bêtes plus dangereuses que d’autres.

L’argument se décline de diverses manières, toutes aussi tordues les unes que les autres.

Prenez l’argument de la maladie mentale.

Certes, il faut être sérieusement perturbé pour commettre de tels actes, sauf qu’il n’y a pas plus de maladies mentales aux États-Unis qu’ailleurs.

Une arme, dira-t-on, permettra au bon de stopper le méchant.

Il faut confondre Die Hard avec la vraie vie pour penser cela.

Honnêtement, connaissez-vous beaucoup de cas où un professeur dans un gymnase ou un agent de sécurité dans un centre d’achat a neutralisé avec son arme un tireur avant qu’il ne commette une hécatombe ?

Ce justicier devrait garder son calme, tirer à travers les écoliers ou les clients, et faire mouche ?

Come on !

C’est un point de vue d’autant plus aberrant quand le tueur arrive avec des armes d’assaut et des chargeurs de rechange.

Il est vrai qu’aucune loi ne pourra réduire à zéro le risque.

Mais de croire qu’augmenter le nombre d’armes va réduire le danger au lieu de l’augmenter, il y a un saut vertigineux dans l’absurde.

Lobby

La triste vérité tient en deux points.

Le premier est que la culture américaine glorifie la violence et porte le droit individuel et la facilité à se procurer des armes terribles à un paroxysme délirant.

Le second est que le lobby des armes à feu représente une industrie de dizaines de milliards de dollars et tient entre ses mains les carrières de centaines de politiciens.

Tout le reste n’est que placotage jusqu’à la prochaine tragédie.

God bless America !