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Transat fait appel au tribunal pour mettre en échec le Groupe Mach

Le voyagiste parle de «stratagème hautement abusif, coercitif et trompeur»

Jean-Marc Eustache
Photo d’archives, Sylvain Larocque Le PDG de Transat Jean-Marc Eustache a surpris tout le monde, en avril dernier, lorsqu’il a confirmé pour la première fois des pourparlers de vente.

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Qualifiant la situation de « sans précédent au Canada », Transat a demandé mardi à un tribunal d’empêcher le Groupe Mach d’acheter de ses actions. Le but avoué de la firme de Vincent Chiara est de bloquer la vente du voyagiste à Air Canada.

Dans une requête déposée devant le Tribunal administratif des marchés financiers, Transat n’y va pas de main morte pour décrire la volonté de Mach d’acheter jusqu’à 19,9 % de ses actions au prix de 14 $ chacune, annoncé vendredi.

Vincent Chiara.
Grand patron du
Groupe Mach
Photo courtoisie
Vincent Chiara. Grand patron du Groupe Mach

Il s’agit d’un « stratagème hautement abusif, coercitif et trompeur », accuse Transat, avant de détailler une longue liste d’arguments juridiques.

« Ça montre une inquiétude, mais certainement pas une panique », assure au Journal Christophe Hennebelle, vice-président chez Transat.

« On ne veut pas que nos actionnaires croient que [l’offre de Mach] est un meilleur deal que celui qui est présenté par Air Canada », poursuit-il.

Transat fait remarquer qu’en décidant de vendre ses actions à Mach, un actionnaire risque de ne recevoir 14 $ pièce que pour une partie d’entre elles.

La raison ? Mach ne veut pas acquérir plus de 19,9 % ou plus de Transat de façon à éviter le déclenchement des dispositions visant à protéger l’entreprise contre les prises de contrôle hostiles.

Si Mach parvenait à ses fins et réussissait à faire échec à l’offre d’Air Canada à 13 $ par action, le titre de Transat risquerait de chuter, soutient l’entreprise montréalaise.

Mach ne paiera pour les actions qui auront été déposées qu’après la tenue du vote sur l’accord conclu avec Air Canada, le 23 août.

Incertitude

« Est-ce que vous préférez recevoir 13 $ pour l’ensemble de vos actions ou 14 $ pour une partie de vos actions et peut-être beaucoup moins pour l’autre partie ? » demande M. Hennebelle.

À cela, Mach rétorque qu’il faudra des mois avant que les autorités réglementaires examinent la transaction entre Air Canada et Transat, ce qui pourrait retarder d’autant le versement du paiement de 13 $ par action.

« Acheteur de premier choix »

Dans des documents destinés aux actionnaires, Transat fait valoir qu’« Air Canada est un acheteur de premier choix » tandis que Mach « n’a ni expertise ni expérience dans le secteur hautement complexe et concurrentiel du transport aérien ».

« Mach a exprimé son intérêt principal pour les activités hôtelières à l’étranger et non pour le transport aérien qui assure des milliers d’emplois de qualité à Montréal », soutient Transat.

Le tribunal doit entendre la demande de Transat demain.

La saga Transat-Mach en quelques dates

Décembre 2018

  • Air Canada présente une offre d’achat à 13 $ par action pour Transat

Janvier 2019

  • La direction de Transat rencontre Vincent Chiara, PDG de Mach

Février 2019

  • Mach fait une offre pour Transat à un prix de 8,50 $ à 9,50 $ par action

Mai 2019

  • Transat accepte l’offre d’Air Canada à 13 $ par action

Juin 2019

  • Mach offre 14 $ par action pour Transat