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Une clinique plus efficace depuis la réforme Barrette

La clinique a embauché des médecins spécialistes et voit 35 % plus de patients

Le médecin de Longueuil Michel J. Gauthier se réjouit de voir que la réforme en santé a permis d’augmenter l’efficacité de la clinique depuis un an et demi.
Photo d’archives, Chantal Poirier Le médecin de Longueuil Michel J. Gauthier se réjouit de voir que la réforme en santé a permis d’augmenter l’efficacité de la clinique depuis un an et demi.

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Après avoir frôlé la fermeture en raison de la réforme dans le réseau de la santé, une clinique spécialisée en soins musculo-squelettiques de Longueuil a changé son modèle d’affaires et traite 35 % plus de patients depuis 18 mois.

« Ç’a du bon, réagit le Dr Michel J. Gauthier, directeur médical et fondateur de la Clinique de médecine intégrée (CMI) de Longueuil. On a réussi à s’ajuster, il y a plein de bons côtés à cette loi-là. »

En 2015, la réforme de l’ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette a eu l’effet d’une bombe dans cette clinique qui n’embauchait que des médecins de famille.

Manque de temps

Puisque les omnipraticiens devaient prendre en charge au moins 500 patients en première ligne, plusieurs n’avaient plus de temps pour des suivis musculo-squelettiques et ont dû partir.

En pénurie de médecins, la clinique était même au bord de la fermeture en 2017, avait rapporté Le Journal. Or, 18 mois plus tard, l’endroit est toujours bien en vie grâce à un changement de philosophie.

En fait, la direction a embauché quatre médecins spécialistes (dont trois orthopédistes) qui font les suivis sur place. Des infirmières améliorent aussi l’efficacité.

Bien plus efficace

« Je pense qu’on est beaucoup plus efficaces. C’est sûr qu’il y a encore des délais. Ce n’est pas parfait, mais on s’améliore », dit le Dr Gauthier, qui avait songé à prendre sa retraite en 2017.

Le nombre de patients a même bondi de 35 % depuis ce temps, soit de 11 000 à 15 000.

Environ la moitié de la clientèle provient des accidentés du travail ou de la route. Les autres ont des douleurs musculaires de toutes sortes.

Actuellement, les délais varient de quelques semaines à quelques mois.

« On est un cocon de références. On se complète dans tout ce qu’on fait, ajoute la Dre Isabelle Mousseau, une orthopédiste qui y travaille depuis plus d’un an. C’est le fun de travailler avec d’autres médecins qui savent bien comment référer les patients », dit-elle.

Autre changement : les suivis des patients sont faits par leur médecin de famille, et non plus par les médecins de la CMI.

Depuis l’an dernier, deux omnipraticiens de la clinique ont reçu la nouvelle certification de spécialisation en musculo-squelettique (MSK), ce qui les exempte de suivre un minimum de patients. Trois autres docteurs sont en attente d’une certification.

Réforme « bâclée »

Avec du recul, le Dr Gauthier conclut que la réforme avait de bons principes, mais a été imposée trop rapidement.

« La réforme a été bâclée parce que tout a été garroché », dit celui qui envisage maintenant de travailler encore 10 ans.

« Ce que je vis depuis deux ans m’a vraiment motivé. Ce qui me rassure, c’est que même quand je ne serai plus là, le modèle va continuer. »