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Dans les eaux vives de Montréal

La Montréalaise Geneviève Royer est une ambassadrice du sport de kayak en eau vive. Elle s’entraîne dans les rapides de Lachine plusieurs fois par semaine.
Photo courtoisie, Damien Larigaudière La Montréalaise Geneviève Royer est une ambassadrice du sport de kayak en eau vive. Elle s’entraîne dans les rapides de Lachine plusieurs fois par semaine.

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Par de belles journées d’été, ils sont de plus en plus nombreux à la queue leu leu à profiter de la vague à Guy, d’Habitat 67 et des quelques autres vagues stationnaires du fleuve Saint-Laurent. Sur les rapides de Lachine, on n’en compte toutefois toujours qu’une poignée. Geneviève Royer est du nombre.

L’athlète de 27 ans n’a rien d’une néophyte. Les rapides de Lachine ne pardonnent d’ailleurs pas le manque d’expérience. Même en choisissant bien sa ligne, par exemple en optant pour la Chicken Line qui permet d’éviter le pire des rapides, la force du courant y est impitoyable.

« C’est un danger important : tu peux être porté très loin, sans moyen de remonter », met en garde Mme Royer.

La kayakiste s’y entraîne plusieurs fois par semaine, après le boulot, avec quelques amis expérimentés.

« Il faut savoir ce qu’on fait sur l’eau, je n’y emmènerais pas n’importe qui », précise-t-elle.

Pas casse-cou

Mme Royer sait ce qu’elle fait. Elle évolue sur le circuit de la Série eau vive extrême Québec depuis ses débuts, il y a cinq ans. Elle a été consacrée championne québécoise quatre fois (et deuxième en 2017).

« Le sport est encore très niche, il y a plus de filles qui le pratiquent, mais peu qui compétitionnent pour l’instant, même si je tente de pousser la participation féminine depuis mes débuts », précise la résidente de l’arrondissement de Verdun.

Le kayak en eau vive est sans contredit un sport extrême. Il attire — ou rebute — par ses images de descentes ou de figures impossibles. Ce que ces images ne présentent pas, toutefois, c’est tout le travail d’analyse et de technique nécessaire pour oser s’élancer de la sorte.

« J’ai fait des sports d’endurance toute ma vie avant de découvrir le kayak en eau vive. Ce qui m’a tout de suite plu, ce n’est pas son aspect spectaculaire, mais son côté cérébral », explique Mme Royer.

L’eau a le dernier mot

Pour exceller — ou pour pratiquer ce sport sans mettre sa vie en danger — il faut analyser le courant, le comprendre afin de cerner le meilleur itinéraire et la façon la plus efficace, rapide ou sécuritaire de s’y aventurer.

« On ne peut pas juste forcer et pagayer plus fort en ne pensant à rien », précise l’ingénieure mécanique.

Dans cette discipline, l’eau a le dernier mot, et on ne fait pas le poids.

« Il faut apprendre à naviguer avec elle, et non se battre contre elle », assure Mme Royer.

Geneviève Royer est d’abord experte en descente. « Le premier en bat gagne [des rapides] », résume l’athlète.

Dans sa version boatercross, la présence des autres complique les manœuvres : il faut trouver sa place, et la bonne.

« Le tout se passe sur un terrain que l’on a déjà apprivoisé dans des descentes précédentes. Ce n’est pas vrai qu’on se lance comme ça sur une rivière qu’on ne connaît pas sans avoir fait du repérage », explique-t-elle.

En freestyle, la kayakiste doit exécuter des figures standardisées dans l’espoir de récolter le plus de points.

« On se sera aussi pratiqué au préalable sur la vague pour l’apprivoiser et pour savoir où se placer pour profiter de ses rebonds », dit Mme Royer.

« Pour chaque figure réussie, j’en ai manqué des centaines », ajoute-t-elle en riant.

Vagues stationnaires

Les vagues stationnaires ont la gentillesse d’offrir des deuxièmes chances, ce qui n’est pas le cas de tous les terrains en eau vive. Mais chaque vague stationnaire propose un niveau de difficulté, qui varie aussi selon les conditions.

« Dans les rapides, on a des vagues stationnaires comme Maverick et Big Joe, qui s’élèvent à plus de 5 pieds : ce n’est pas pour tout le monde », souligne la Québécoise.

Pour apprendre à patauger dans le monde de l’eau vive à Montréal, encore faut-il risquer de s’y mouiller. Plusieurs écoles spécialisées et clubs, dont le Club de canoë-kayak d’eau vive de Montréal et l’entreprise KSF, offrent des ateliers et formations pour se familiariser avec le sport et l’eau vive.

« C’est vraiment une chance de vivre à Montréal et de pouvoir profiter du fleuve », croit Geneviève Royer.

Pour célébrer l’eau vive à Montréal

Du 9 au 11 août sur les Rapides de Lachine à Montréal

La Montréalaise Geneviève Royer est une ambassadrice du sport de kayak en eau vive. Elle s’entraîne dans les rapides de Lachine plusieurs fois par semaine.
Photo courtoisie, Damien Larigaudière

Des athlètes de calibre international et des athlètes intermédiaires s’affronteront dans des épreuves de freestyle et de boater-X.

Montréal et son fleuve sont réputés pour la qualité de l’expérience en eau vive. Les quelques vagues stationnaires surfables à longueur d’année, ou presque, offrent un terrain de jeu idéal pour les adeptes de freestyle en kayak ou en SUP.

« Chaque rivière est unique, et, en eau vive, on cherche à la mettre en valeur dans l’organisation d’un événement », dit Philippe Lavallée, qui pilote l’événement MTL Eau vive.

Or, les rapides de Lachine sont un site en eau vive exceptionnel, peu connu et reconnu par les Montréalais, malgré sa proximité. MTL Eau Vive souhaite inciter une réappropriation du fleuve Saint-Laurent.

Renseignement : www.mtleauvive.com/

MTL SUP FEST

Conjointement aux compétitions de MTL Eau vive s’organise le MTL SUP FEST, un événement rassembleur qui offre une foule d’activités de planche à pagaie, qu’on soit un néophyte curieux ou un pagayeur expérimenté à la recherche de défis.

SUP yoga ou SUP fitness, descente en SUP ou clinique d’initiation en famille, SUP surf jam, course de descente ou course d’habiletés... il y a des activités pour tous les goûts et pour tous les niveaux d’expérience en planche à pagaie. En outre, des activités d’interprétation de la nature, de slackfline et de surfskate seront proposées aux festivaliers.

Renseignement : www.mtlsupfest.com/