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Menteur : la recette du succès

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Le film Menteur d’Émile Gaudreault a franchi (et ­dépassé) le cap des quatre millions de ­dollars au box-office.

Et comme le rapportait mon collègue Maxime Demers, au cours des dix dernières années, il n’y a que cinq films québécois qui ont réussi cet exploit. Et trois des cinq ont été réalisés... par Émile Gaudreault (Menteur et De père en flic 1 et 2).

Diantre ! Cet homme aurait-il par hasard trouvé la recette secrète pour faire des films qui marchent ? Donnez-lui tout de suite le prix Nobel de la clairvoyance.

Le Québec en amour avec Menteur

Quand le propriétaire de cinémas Vincent Guzzo dit qu’il faut faire « des films que le monde veut voir », la petite intelligentsia québécoise se pince le nez, se retient de ne pas vomir sa ­salade au kale et le ridiculise sur la place publique.

Mais la seule chose que dit Guzzo, c’est que le cinéma est à la fois un art et une industrie.

Bien sûr, je ne dis pas que le box-office est gage de qualité. Il y a des navets populaires qui font courir les foules et des chefs-d’œuvre qui ne seront vus que par le père, la mère et le cousin du réalisateur (ou de la réalisatrice).

Mais quand on a des films comme De père en flic (1 et 2) et Menteur qui sont bien écrits, bien réalisés et bien joués, et qui, en plus, rejoignent un grand public, pourquoi bouder son plaisir ?

Ne venez pas me dire que la raison du succès de Menteur, c’est uniquement qu’il met en vedette deux des plus grosses pointures du showbiz ­québécois : Louis-José Houde et ­Antoine Bertrand.

Bien sûr, ils sont très bons, mais celle qui vole littéralement la vedette, c’est Catherine Chabot, une comédienne qui crève l’écran et qui a un sens du timing comique absolument époustouflant. Face à un Louis-José Houde aguerri, il faut quelqu’un de solide pour ne pas se faire marcher sur les pieds.

Alors imaginez à quel point Menteur a été capable de faire la quadrature du cercle : un film intelligent, populaire qui, en plus, mise sur la relève... féminine !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Famille qui rit, famille unie

Menteur est une charmante comédie d’été (même si sa fin est trop politiquement correcte à mon goût). Je suis allée le voir avec mon fils de 11 ans et ma belle-mère de 86 ans.

Comme les Tintin qui plaisent aux gens de 7 à 77 ans, le film Menteur a fait rire autant le plus jeune que la plus âgée.

Un cinéma rassembleur, qui nous ressemble, avec en prime Denise Filiatrault qui fait un caméo en chauffeur Uber complètement disjonctée, on a la recette pour un gros succès.

Le commentaire que j’ai entendu le plus souvent au sujet de Menteur depuis qu’il est sorti, c’est : « Habituellement, j’aime pas les films québécois, mais celui-là, je l’ai aimé ».

Un miracle est toujours possible

Le Québec est en amour avec ­Menteur. Il y a quelques réalisateurs nombrilistes qui devraient se boucher le nez, s’acheter un billet et aller voir le film... pour essayer de comprendre la recette Gaudreault. On ne sait jamais, ils apprendraient peut-être à faire des films « que le monde veut voir ».