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Tueries de masse: les jeux vidéo violents excitent les pulsions morbides

Tueries de masse: les jeux vidéo violents excitent les pulsions morbides
Photo AFP

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Dans sa déclaration à la suite des tueries du week-end dernier, Trump a mis en cause les jeux vidéo violents et la santé mentale des agresseurs. Tout pour éviter d’aborder le vrai problème: la libre circulation des armes à feu aux États-Unis. J’y reviens en conclusion de ce blogue.  

Après chaque tuerie de masse, la question des liens à faire entre les jeux vidéo violents et la criminalité des jeunes hommes est soulevée. Une chose est incontournable, plusieurs auteurs de tueries de masse étaient des amateurs de ces jeux abominables. Un adepte des jeux Diablo III et World of Warcraft, James Holmes, étudiant à l’Université du Colorado, a tué 12 personnes dans un cinéma, le 20 juillet 2012.   

En décembre 2012, Adam Lanza, 20 ans, abat 20 jeunes enfants et six adultes à l’école primaire Sandy Hook au Connecticut, après avoir tué sa mère. Obsédé par les assassinats de masse, il était accro aux jeux vidéo violents, dont Grand Theft Auto. Plusieurs auteurs de meurtres et de violences sexuelles affirment s’être inspirés de leur expérience avec GTA pour commettre leurs crimes.  

Grand Theft Auto est un jeu vidéo qui connaît un succès commercial sans pareil... en faisant l’apologie de la criminalité et en ciblant les adolescents et les jeunes hommes. Le jeu est souvent qualifié de «simulateur de meurtres». Il récompense le joueur en fonction des meurtres qu’il accumule. GTA va très loin dans l’abjection. Il permet aux jeunes joueurs de regarder une prostituée commettre des actes sexuels sur leurs parents et peut ensuite assassiner la prostituée et récupérer l’argent qu’elle a reçu.    

Le monde représenté dans GTA est hyperviolent, sexualisé et indécent, avide, immoral. Le jeu incite l’individu à se défouler, à satisfaire toutes ses passions et ses impulsions au mépris des autres, des lois et des conventions sociales. Une étude montre que 65% des enfants américains âgés de 7 à 12 ans ont déjà joué à Grand Theft Auto. Parmi les nombreux autres jeux vidéo appréciés des névrosés, des pervers et des déviants, les trois suivants retiennent l’attention. Ils sont particulièrement abjects.  

Fallout. Dans ce jeu, vous pouvez tuer qui vous voulez, quand vous voulez. Pour le simple plaisir de tuer. Le jeu permet aux adolescents désaxés de vivre leurs fantasmes sataniques de «tueurs en série». Au fil des ans, l’éditeur a publié des mises à jour de Fallout avec de nouvelles fonctionnalités ignominieuses. Ainsi le joueur peut tuer des personnes innocentes dans leur sommeil. Dans les versions récentes, il y a maintenant l’«avantage cannibale» qui permet au joueur de dévorer les cadavres de ceux qu’il a tués. Dans ce cas, le livret d’instruction recommande de tirer la victime à la tête pour éviter d’endommager ses parties consommables.  

Manhunt. Le joueur est le «héros» d’un snuff film dans lequel il tue de multiples personnes en utilisant plusieurs techniques comme entre autres l’étouffement avec un sac de plastique. Le Chicago Tribune estime que «Manhunt est facilement le jeu le plus violent jamais fait». Il est interdit en Grande-Bretagne, en Nouvelle-Zélande et en Allemagne, et réservé aux adultes en Ontario. En 2004, Andrew Ryan le présente dans le Globe and Mail comme une déjection fétide: «Il n’y a pas de défi, seulement des meurtres rituels en série. C’est moins un jeu vidéo qu’une arme de destruction personnelle. Le fait le plus effrayant de tous: Manhunt est si facile à utiliser que tout enfant de 12 ans peut le maîtriser après y avoir joué une seule fois.»   

Mortal Kombat. Les deux auteurs du massacre à l’école Columbine en 1999 en étaient des joueurs avides. Dès sa sortie en 1992, le jeu choque par son degré de violence sans précédent. Le jeu est interdit dans plusieurs pays. Le président Clinton mentionne Mortal Kombat parmi les jeux qui contribuent à faire des enfants américains des accros à la violence avec les terribles conséquences qui en découlent.   

Le groupe de travail sur les médias violents de l’American Psychological Association conclut en 2017 que plus les individus sont exposés longtemps à des jeux vidéo violents, plus ils sont susceptibles d'avoir des comportements, des pensées et des sentiments agressifs. Ces jeux diminuent parallèlement les comportements prosociaux, l’empathie et la sensibilité à l’agression.    

Revenons à Trump en terminant. Il ne dénonce pas les jeux vidéo violents par conviction profonde. Il le fait pour défendre l’industrie des armes à feu, la première responsable des hécatombes en série qui frappent les États-Unis. La National Rifle Association est un de ses principaux bailleurs de fonds électoraux. Elle finance tout autant les élus républicains.  

C’est tout à fait ce qu’on s’attend de Trump. Même quand il défend des causes socialement valables, il le fait pour des mauvaises raisons et par intérêt personnel.  

La culture populaire américaine est intoxiquée par une violence de plus en plus délirante et les jeux vidéo en sont la démonstration la plus criante et la plus consternante.