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Armes électorales

Tracey Wilson
Photo courtoisie La porte-parole du lobby proarmes Tracey Wilson espère l’élection des conservateurs d’Andrew Scheer.

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Le débat concernant le contrôle des armes à feu qui enflamme les États-Unis à l’heure actuelle n’épargnera pas le Canada dans les prochains mois.

Bien entendu, un monde sépare les contextes américains et canadiens. Notre rapport aux armes à feu est infiniment moins idéologique, et nos lois, beaucoup plus strictes.

Mais il n’en demeure pas moins que le lobby des armes, ici, est furieux. Plus furieux que jamais. Et il n’a qu’une seule mission : dégommer les libéraux de Justin Trudeau aux élections fédérales d’octobre.

Réforme contestée

C’est que le gouvernement Trudeau a récemment resserré le contrôle des armes à feu avec la loi C-71. La réforme libérale impose de nouvelles responsabilités aux armuriers et aux amateurs d’armes.

La Coalition canadienne pour les droits aux armes à feu (CCDAF) veut l’abolition nette de cette réforme. Un seul parti s’y engage : les conservateurs d’Andrew Scheer.

« Nous sommes plus motivés que jamais, affirme en entrevue Tracey Wilson, la porte-parole de la CCDAF, sorte de NRA canadien. La loi C-71 est comme une claque en plein visage. »

Le lobby promet de « complètement inonder » le pays de son discours durant la campagne électorale. Le groupe, qui compte des dizaines de milliers de membres, selon sa porte-parole, dit avoir les moyens financiers de déployer une stratégie de communication quotidienne afin de « rétablir les faits » concernant les armes à feu.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

En entrevue, Mme Wilson reprend les arguments typiques des militants proarmes. Selon elle, ce sont les gens qui tuent les gens, et non les armes à feu. Comme Trump, elle blâme aussi les jeux vidéos.

La femme de 50 ans croit que restreindre l’accès aux armes à feu est une solution simpliste qui ne sert qu’à acheter des votes.

C’est pourtant ce que demande le maire de Toronto, John Tory, depuis des mois. Sa ville a encore été le théâtre de violences sanglantes la fin de semaine dernière. En trois jours, 12 incidents avec des armes ont fait 15 blessés dans la ville Reine.

M. Tory implore le fédéral de bannir les armes de poing et les fusils d’assaut. Les libéraux ne semblent pas prêts à aller aussi loin.

Enjeu politique

Selon le quotidien Toronto Star, le Parti libéral proposera en campagne électorale de donner le pouvoir aux villes d’encadrer les fusils d’assaut, mais pas les armes de poing.

Selon Mme Wilson et les conservateurs, ce genre de mesure ne fera qu’embêter les honnêtes citoyens amateurs de tir sportif. Les gouvernements feraient mieux, selon eux, de s’attaquer au vrai problème : la montée en puissance des gangs de rue.

Des gangs qui s’abreuvent de la misère humaine dans les quartiers malfamés des grandes villes.

Pendant que la violence armée continue de faire des ravages, les militants en faveur d’un contrôle plus strict des armes s’impatientent face au refus des libéraux d’agir avant les élections.

Mme Wilson a moins raison sur une chose : le jeu politique n’épargne pas le débat sur le contrôle des armes à feu.