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Décès du cinéaste Jean-Pierre Mocky, le franc-tireur du cinéma français

Décès du cinéaste Jean-Pierre Mocky, le franc-tireur du cinéma français
AFP

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Paris | Le cinéaste Jean-Pierre Mocky, le plus inclassable des réalisateurs français, est mort jeudi à l’âge de 90 ans, a annoncé sa famille à l’AFP.

«Jean-Pierre Mocky est mort chez lui cet après-midi, à 15h», a indiqué son gendre, Jérôme Pierrat, à l’AFP. 

«Jean-Pierre Mocky est parti tourner son prochain film avec Bourvil, Michel Serrault, Michel Simon, Fernandel, Jacqueline Maillan, Jeanne Moreau, Jean Poiret, Francis Blanche, Charles Aznavour et tant d’autres. Le cinéaste s’est éteint dans sa 91e année à son domicile parisien, entouré de sa famille et de ses proches», ont indiqué le fils et la fille du cinéaste, Stanislas Nordey et Olivia Mokiejewski, dans un communiqué adressé à l’AFP. 

Auteur de plus d’une soixantaine de films, dont Un drôle de paroissien avec Bourvil ou encore À mort l’arbitre avec Michel Serrault et Eddy Mitchell, Jean-Pierre Mocky était considéré comme «l’anar» du cinéma français, toujours sur la brèche, sempiternel râleur et, avant tout, libre. 

«Jean-Pierre Mocky, c’était un style, une gouaille, des amitiés, des coups de gueule et surtout du cinéma, son cinéma: unique, inclassable, provocateur et poétique. Sa liberté de ton et son regard sur le monde vont nous manquer. Je pense à sa famille et à ses proches», a indiqué le ministre français de la Culture, Franck Riester, sur son compte Twitter. 

L’ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui était son ami, a rendu un hommage appuyé au cinéaste «talentueux irrévérencieux et insurgé du quotidien». 

«Sa filmographie était à son image: caustique, anticonformiste, loin des clichés. Ses films n’épargnaient rien ni personne, et dénonçaient inlassablement les travers et les dérives de la société. En vieil et irréductible anarchiste, c’était un provocateur outrancier qui cachait une âme sensible et cultivée», a notamment ajouté Jack Lang. 

Dans un entretien publié par Le Figaro en 2014, le cinéaste avouait crûment: «J’ai connu 27 ministres de la Culture; sur ces vingt-sept, il y a eu un type formidable à droite, Malraux [l’écrivain André Malraux, NDLR], et un type formidable à gauche, Lang. Les vingt-cinq autres étaient des nuls». 

Le maire de Nice, Christian Estrosi a également salué la mémoire de Jean-Pierre Mocky, né dans sa ville. 

Mais si son lieu de naissance ne fait pas de doute, ce n’est pas le cas de la date de sa naissance: juillet 1929 ou juillet 1933? Dans son autobiographie, «Je vais encore me faire des amis» (2015), Mocky raconte être né en 1933, mais que son registre d’état civil fut falsifié au début de la guerre pour qu’il puisse prendre seul le bateau pour l’Algérie afin d’échapper aux nazis. 

Falsifié ou non, le registre de l’état civil le faisant naître en 1929 ne fut jamais modifié, et la notice du Who’s who (revue par Mocky) le fait naître le 6 juillet 1929. 

Au cours de sa carrière, il a tourné avec les grands acteurs allant de Bourvil à Catherine Deneuve, en passant par Charles Aznavour et Gérard Depardieu.