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Radio-Canada et ses projets saugrenus

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Vers la fin de son mandat comme PDG, Hubert Lacroix prônait l’abandon de la publicité à la télévision d’État. Dès ses premières entrevues, Catherine Tait, sa remplaçante, y allait du même discours.

Mais les babines suivent rarement les bottines à Radio-Canada. Profitant d’un mandat trop flou, Radio-Canada veut élargir son auditoire en diffusant des émissions qui ne méritent pas d’être produites avec nos taxes et nos impôts.

En présentant sa nouvelle saison aux agences de publicité de Toronto, Catherine Tait n’a pas caché qu’elle avait viré capot. « Nous sommes déterminés à augmenter nos revenus publicitaires pour être maîtres de notre destinée. » Ce qu’il est plutôt ironique d’entendre quand on sait que Radio-Canada reçoit plus de 1,2 milliard $ du Parlement chaque année.

Qu’entend faire madame Tait avec ces revenus publicitaires qu’elle veut ravir à CTV et à Global en attendant de s’en prendre à ceux de TVA ? Elle va reprendre des concepts populaires de téléréalité et faire revivre Battle of the Blades et Family Feud, une série si usée que la télévision privée l’a mise au rancart.

DU BEURRE SUR LE PAIN

Je n’ai rien à redire sur Battle of the Blades qui est dans le droit fil de notre patrimoine sportif. Mais la série coûte un bras et on y avait mis fin pour cette raison, il y a six ans. C’est vrai qu’avec le gouvernement Trudeau, Radio-Canada a touché un généreux boni de 675 $ sur cinq ans. C’est vrai aussi que Radio-Canada peut arrondir ses fins de mois avec CBC Premium et tou.tv extra. À 4,99 $ et 6,99 $ par mois et par abonné, ça met du beurre sur le pain !

Je n’arrive pas à croire que CBC va mettre à l’antenne Family Feud (La guerre des clans). Ce quiz a connu une longue carrière de jour à ABC, puis à CBS, avant de mourir de sa belle mort en 1995. Family Feud a repris du poil de la bête en souscription (syndication) pour agoniser jusqu’à ce que Steve Harvey lui redonne un certain souffle. Il n’en reste pas moins que l’émission est tout juste digne de la télé de jour ou d’un réseau anémique comme TQS et V.

POUR LES COTES D’ÉCOUTE

N’allez pas croire que des initiatives aussi géniales ont pu tarir les ressources créatrices de la CBC. The Fifth Estate (l’une des meilleures émissions du réseau anglais avec This Hour Has 22 Minutes) ayant perdu graduellement de son auditoire, on entend lui redonner de l’élan avec un « spécial » Bernardo. Le célèbre meurtrier pourrait devenir la vedette de quatre segments de Fifth Estate. Un temps d’antenne qu’à ma connaissance on n’a donné à personne durant les 44 ans de l’émission.

Un de mes confrères qui travaillait comme psychologue au pénitencier où Bernardo était incarcéré m’a dit que ce dernier est un psychopathe irrécupérable. La Commission des libérations conditionnelles doit être du même avis, ayant refusé, l’an dernier, de le libérer sur parole. Des collaborateurs de l’émission sont si indignés par le projet qu’ils l’ont dénoncé publiquement.

Le 27 août, Radio-Canada dévoilera sa nouvelle programmation. Sortira-t-on comme à Toronto un vieux quiz emprunté à la télé privée ou dévoilera-t-on un projet scabreux ? Jeopardy ou un spécial sur « Moïse » Thériault, par exemple...