/opinion/columnists
Navigation

Deux sœurs en vacances

Deux sœurs en vacances
Photo Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

Tueries de masse et Donald Trump. Le fond de l’air estival est lourd. Devant mon clavier, je sens le besoin de briser la noirceur ambiante. Un peu de lumière, s’il vous plaît. Permettez-moi donc de vous raconter la superbe semaine que j’ai passée avec ma « petite » sœur Manon dans un spa des Cantons de l’Est.

Soyez sans crainte. Ceci n’est pas une commandite. Encore moins une histoire de gens « riches et célèbres ». C’est le récit tout simple de quelques moments magiques. Ma sœur a beau avoir la cinquantaine épanouie, comme elle vit avec une déficience intellectuelle, ses yeux s’émerveillent encore de tout, comme ceux d’un enfant. Avec elle, la réalité se vit avec des majuscules.

Confession : étant sa proche aidante depuis longtemps, de vraies vacances, j’en ai eu très peu. Alors, pourquoi le spa ? Parce qu’il y a quelque chose d’incroyablement apaisant dans le silence qui règne sur ses terrains, la beauté de la nature qui l’entoure et l’eau dans laquelle on passe des heures. Pas de télé, non plus. Pour les neurones et le corps, c’est le repos total.

Quitter la folie

Ce bonheur, une bonne amie me l’a fait découvrir l’an dernier. Dès qu’on y met les pieds, on quitte la folie du monde et ses écrans qui nous enchaînent le cerveau. La sainte paix, c’est aussi la légèreté de pouvoir passer nos journées en peignoirs blanc ivoire. Ma sœur a adoré. Tellement que des perles d’enchantement, elle en a semé toute la semaine.

Notamment celles-ci. Alors qu’on admire une soirée étoilée de notre balcon, Manon me dit : « les étoiles, c’est comme les papillons dans mon cœur. Ça vole. » Voyant aussi des satellites et entendant le bruit distant d’avions, elle me demande, quasi inquiète : « est-ce qu’il y a des policiers dans le ciel pour la circulation ? ».

Un matin, elle voit deux jeunes chevreuils. Sa réaction : « Wow. Ils sont venus juste pour moi ! » Puis, au déjeuner, dans son beau peignoir blanc, Manon vise droit au cœur sans le savoir : « Maman, elle aimerait vraiment ça ici. » Maman est décédée. Je lui réponds : « Elle est ici. Elle est sur son étoile le soir et te regarde avec fierté. »

Merci la vie

Après son premier massage aux mains expertes de Diane, Manon est rayonnante de bien-être et s’exclame : « elle est un ange, c’est sûr ». Je l’invite alors à retourner à la piscine. Elle refuse net : « Non. Ça va effacer mon massage. »

Il y a aussi de belles rencontres inattendues. Une collègue avec qui j’ai travaillé du temps où j’étais étudiante il y a plus de trente ans. Incroyable. Claire, une femme lumineuse venue se ressourcer après sa chimiothérapie. Ses yeux remplis de vie nous habitent encore. Le personnel accueillant avec lequel Manon a su tisser des liens chaleureux dès son arrivée. Et tant d’autres.

Merci la vie. Que dire d’autre ? Sur ce, je reprends quelques jours de pause, à balconville cette fois. De retour le 20 août.