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Doit-on jeter l’éponge quant à Bombardier?

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Q : Le titre de Bombardier a subi toute une dégelée en Bourse. Est-ce une opportunité d’achat ?


R : Pour certains, oui. Mais il ne manque pas de placements potentiels de qualité...

Est-ce que Bombardier, fleuron du Québec inc., est un bon placement ? Pour le commun des mortels, absolument pas. C’est même un titre risqué. Certains investisseurs expérimentés y voient une occasion lorsque le rebond surviendra. Mais quand ?

Bombardier (BBD-B.TO) vit une sorte de psychodrame en Bourse. On est loin du sommet du 24 septembre 2000, où le titre a culminé à 26 $. Depuis, le graphique est en montagnes russes. En juillet, le titre a grimpé à 5,58 $... suivi d’une chute de 25 % après les mauvaises nouvelles de la division ferroviaire, qui se traduiront par la réinjection de 250 M$ à 300 M$ dans ses opérations (tous les chiffres de cette chronique sont en dollars américains).

Après avoir englouti plus de 12 milliards $ dans le développement de la C Series et du Global 7500, ce qui a mené l’entreprise au bord de la faillite et entraîné le controversé sauvetage orchestré par la Caisse de dépôt et le gouvernement du Québec (sans appui tangible d’Ottawa...), Bombardier a entrepris un gigantesque ménage : abandon de la C Series à Airbus, vente du programme de formation des avions d’affaires à CAE, de terrains à Toronto, du programme Q400 à Viking Air et des jets régionaux à Mitsubishi, ce qui a généré des liquidités de plus de 2,1 G$. Ses usines nord-irlandaises et marocaines sont aussi à vendre.

Du côté ferroviaire, les mauvaises nouvelles s’accumulent depuis des mois : trou de trésorerie de 600 M$ en novembre, lié à des délais de livraison de voitures sur plusieurs projets, problèmes de qualité et retards de production...

Tanné d’attendre

Malgré le potentiel des avions d’affaires et, surtout, un impressionnant carnet de commandes ferroviaires, dont un contrat de monorails remporté récemment au Caire, qui devraient générer des revenus de 17 G$ d’ici à la fin de l’année, la marge de profit anticipée pour 2019 passe de 8 % à 5 %, tout comme le bénéfice d’exploitation (de 1,15 G$ à 800 M$).

Plusieurs analystes financiers ont remis en cause la crédibilité de la direction de Bombardier lors de l’annonce du dernier trimestre, vendredi dernier. Je partage ce constat : je ne crois plus que Bombardier puisse éventuellement dégager des revenus stables et réguliers, au lieu d’annoncer de mauvaises surprises à la chaîne.

Certains analystes croient que le pire est passé et que le titre ne devrait que remonter. Pas moi. Il faudra encore plusieurs trimestres avant que Bombardier cesse de renflouer ses liquidités, affiche de réels profits, et élimine retards et mauvaises nouvelles. Et plus de 3 G$ de dettes sont à renouveler d’ici 2021-2022, à un taux qui dépasse probablement celui de 7,875 % offert pour sa dette émise en mars.

La dette totale excède d’ailleurs 10 G$, pour une capitalisation boursière de 4,45 G$. La valeur comptable par action est de -20,49 $. La marge de profit annuelle nette est de 1,43 %. Bombardier est désormais trop risquée...


Question à notre investisseur


Les informations publiées dans cette chronique ne constituent pas des conseils ou des recommandations formulées par le Journal. Toute personne intéressée doit consulter les conseillers ou professionnels autorisés pour ces fins par l’Autorité des marchés financiers.