/news/currentevents
Navigation

Heureux, mais à l'étroit : ils vivent à 13 dans un 6 1⁄2

Heureux, mais à l'étroit : ils vivent à 13 dans un 6 1⁄2
Photo Agence QMI, Steve Madden

Coup d'oeil sur cet article

Sophie Lefebvre, une Montréalaise de 38 ans, habite dans un 6 ½ avec ses neuf enfants de 7 à 21 ans, sa petite-fille de 14 mois et les deux conjoints de ses aînés. 

«On est heureux, mais à l’étroit!» résume la jeune matriarche qui nous accueille dans son logement optimisé pour la vie à 13.  

«Allô!» «Bonjour!» «Salut!» En dix pas dans le corridor central, autant d’enfants saluent le photographe et le journaliste. S’ensuit une rafale de présentations ; impossible de retenir les noms du premier coup.  

Oubliez le salon et la salle à manger: les pièces ont été converties en chambres. Celle des filles compte un téléviseur, une console de jeu et un synthétiseur, dont un des frères, Jayson, 14 ans, joue très bien. Sa musique égaye l’atmosphère pendant l’entrevue: Mendelssohn, Mozart, Pachelbel, etc. Ça grouille de vie.  

  

Un après midi typique tout le monde dans le salon-chambre, chacun avec leur jouets, tables, consoles, piano.
Photo Agence QMI, Steve Madden
Un après midi typique tout le monde dans le salon-chambre, chacun avec leur jouets, tables, consoles, piano.

Minimalisme obligé 

Chez les Lefebvre, la simplicité s’impose. «Nous n’utilisons pas de bases de lit pour pouvoir lever les matelas dans le jour et libérer de l’espace au besoin», explique Sophie, qui partage une chambre avec ses trois derniers. La facture d’épicerie s’élève à 400$ ou 500$ par semaine, et quatre litres de lait sont facilement bus dans une journée. Qu’un seul réfrigérateur suffise à tout ce monde relève de l’exploit.  

Avec une seule salle de bain pour 13, pas question de s’attarder. «Avant de prendre une douche, on fait le tour de l’appartement pour avertir tout le monde», lance Sophie.  

  

Heureux, mais à l'étroit : ils vivent à 13 dans un 6 1⁄2
Photo Agence QMI, Steve Madden

 Les aînés 

 Les enfants les plus vieux pourraient quitter le nid familial, mais ils s'y plaisent.  

 Naomye, 19 ans, vit avec son conjoint et leur bébé dans une chambre équipée comme un studio, avec son petit frigo. Alexandre, 18 ans, loge dans une pièce minuscule, mais à lui seul. L’aîné, Mickaël, 21 ans, occupe aussi une chambre avec sa copine. «Au lieu de payer un loyer, je verse une pension à ma mère, ça l’aide et je suis bien ici», dit Mickaël, qui se plaît avec sa fratrie.  

 «Ma fille en devenant maman est partie en appartement dans l’est de l’île l’an dernier, mais elle s’ennuyait trop et est revenue vivre ici avec sa famille», raconte Mme Lefebvre.  

 Cela fait son affaire, puisqu'elle travaille à temps plein et a besoin de l’aide de ses plus vieux pour s’occuper des plus jeunes et des tâches ménagères et culinaires.  

  

Heureux, mais à l'étroit : ils vivent à 13 dans un 6 1⁄2
Photo Agence QMI, Steve Madden

 Dur de trouver un logement 

 Trouver un logement s’avère éprouvant pour une famille aussi nombreuse: elle essuie des refus systématiques. «J’ai dû dire que j’avais juste cinq enfants... Ça commence mal une relation avec un propriétaire. Un m’a reproché de lui avoir menti. M’auriez-vous loué si j’avais dit neuf enfants? Il a dit non. Voilà! Je n’avais pas le choix. Ma famille a besoin d’un toit au-dessus de la tête!»  

 Le 6 ½, situé dans le quartier Hochelaga, coûte 1400$ par mois. «Ce n’est pas l’idéal d’être aussi tassés, alors c’est sûr que la banlieue nous tente!» dit Sophie Lefebvre. Avec la pénurie de logements et l'augmentation des prix qui vient avec, se reloger ailleurs à Montréal lui serait probablement carrément impossible... surtout si la famille s’agrandissait.  

 «Mon fils et moi cotisons à des REER pour éventuellement acheter une maison où nous pourrons continuer de vivre tous ensemble», dit-elle.