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Les Stastny, des athlètes d’exception

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J’ai dirigé plusieurs grands athlètes au cours de ma carrière d’entraîneur. Guy Lafleur, Marcel Dionne et Marc Tardif, alors qu’ils étaient tous en fin de carrière. Il y a aussi eu les Dale Hunter et Michel Goulet. Mais sans l’ombre d’un doute, Peter Stastny a été le plus grand qui s’est retrouvé derrière mon banc.

J’ai eu la chance de diriger Peter pendant huit ans, Anton pendant sept ans et Marian pendant trois ans avec les Nordiques de Québec. J’ai toujours été ébloui par leur professionnalisme, leur préparation et leur condition physique. L’hommage tout à fait extraordinaire que la Ville de Québec leur a rendu est pleinement mérité. Ça me fait énormément de peine de ne pas y être allé en raison d’obligations familiales.

Imaginez. Trois frères partis de la Tchécoslovaquie qui tombent dans la même équipe. C’était un cas unique. N’oublions pas que Marian est venu rejoindre Peter et Anton une année plus tard. Ils ont ouvert la porte plus grande aux Européens pour s’implanter en sol nord-américain. Ils ont été un exemple en osant.

Talent exceptionnel

À l’arrivée de Peter et d’Anton, en 1980, j’en étais à ma première année avec les Nordiques. Je me souviens que Maurice Filion et moi nous disions « wow ! » après les entraînements. On avait la chance extraordinaire de compter sur deux joueurs de qualité. Dans le cas de Peter, vu son talent, c’était évident qu’il deviendrait une étoile dans la Ligue nationale.

On ne s’est pas trompé. Pour ceux qui l’ignorent, Peter a été le deuxième meilleur pointeur de la décennie 1980 après un certain Wayne Gretzky. Il faisait partie des cinq meilleurs joueurs à cette époque. Ce n’est pas peu dire.

Peter était un travaillant hors pair. Et après les entraînements, il prenait soin de sa famille : sa femme et ses enfants. C’était un gars de famille. À tous les points de vue, tant sur la glace qu’à l’extérieur de celle-ci, il a été un exemple. Je suis fier de les avoir dirigés et je sais qu’ils auraient aimé gagner une coupe Stanley pour les partisans de Québec.

Malheureusement, même si on avait une bonne équipe avec Michel Goulet, Dale Hunter, Alain Côté, nous sommes tombés à l’époque des dynasties des Islanders au début des années 1980 et des Oilers par la suite. Peter était l’âme de l’équipe et Dale Hunter le cœur, entourés de bons joueurs de hockey.

Je me souviendrai toujours des séries de 1982 et de 1985 où nous avons éliminé le Canadien en prolongation sur des buts de Hunter et de Peter. Peter avait remporté la mise au jeu contre Guy Carbonneau avant de marquer sur le retour de lancer lors du septième match, au Forum. 34 ans plus tard, Carbo m’en parle encore.

Une continuité

Les Stastny ont été la continuité sur la glace de ce qu’avaient accompli les Marc Tardif, Jean-Claude Tremblay et Réal Cloutier, notamment dans l’AMH. Il ne faut pas non plus oublier les joueurs qui ont forgé l’histoire des Nordiques avant les Stastny. En espérant qu’un autre club poursuivre cette tradition, un jour.

— Propos recueillis par Roby St-Gelais