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Quand un Barrette déteste les... voitures

L’humoriste québécois exerce sa passion dans les rues de Trois-Rivières

Michel Barrette
Photo Louis Butcher Michel Barrette participe au Grand Prix de Trois-Rivières pour la troisième année consécutive.

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TROIS-RIVIÈRES | Avoir Michel Barrette devant soi pour une entrevue, c’est du bonbon pour un journaliste. Ou plutôt un privilège.

C’est comme s’il vous offrait un monologue personnalisé sans exiger un prix d’entrée, sans entracte et sans minutage. Et que c’était le spectateur, faute de temps, qui devait malheureusement mettre fin à la discussion.

Barrette est un raconteur hors pair. Alors, imaginez quand le sujet de conversation est la course automobile.

Pas de farce, il n’est pas arrêtable. C’est un passionné pur et dur. Mais on ne s’en plaindra pas. Notre seul problème, c’est de tout condenser dans l’espace du Journal qui vous est accordé.

L’humoriste de 62 ans participe en fin de semaine au Grand Prix de Trois-Rivières en Coupe Nissan Micra. Un rendez-vous inscrit depuis longtemps dans son agenda chargé.

« D’autant plus incontournable, déclare-t-il d’entrée de jeu, que je me retrouve sur la piste avec mes fils

Nicolas et Martin. Et c’est assez rare de voir un père et ses fils s’affronter dans la même épreuve. C’est très émotif. »

Quel modèle papa ?

Barrette est grand-père pour la première fois depuis un peu plus de quatre mois. Martin est l’heureux papa d’une fille. « Nous, on fait des gars chez les Barrette, dit le paternel. Enfin on a une fille, Julia. » Parlant de ses fils (il en a quatre), Barrette nous a raconté des anecdotes savoureuses concernant son plus vieux, Olivier, qui, contre toute attente, n’aime pas les bagnoles.

Peut-on vraiment imaginer un

Barrette n’avoir aucun atome crochu pour les voitures ? C’est pourtant le cas de fiston, cet acteur aujourd’hui âgé de 33 ans.

« Je me souviens de lui avoir acheté un char pour ses 18 ans, relate-t-il. Et deux ans plus tard, il ne savait toujours pas quel modèle il conduisait. Il n’a plus de voiture aujourd’hui.

« Pendant une journée froide à Chicoutimi, il m’appelle, dit-il, pour une question de... char. Je n’en revenais pas que mon fils veuille enfin me parler de voiture. Mais c’était pour me demander la marque parce qu’un de ses amis voulait le savoir.

« Voulant éviter de sortir dehors, il m’a contacté. Je lui ai alors dit que c’était inscrit sur le devant. Alors il m’a répondu... OK, Je me souviens... Non, ça c’est ce qui inscrit sur la plaque d’immatriculation. »

C’était une Toyota Tercel.

Pas de trafic devant...

« Une autre fois, il m’a affirmé que ça lui prenait sept heures pour se rendre à Chicoutimi en plein été. Pourquoi c’est si long, alors que moi ça m’en prend quatre ? Était-ce la circulation ?

« Mon fils rétorque, non, il n’y a pas de trafic devant moi, mais il y avait beaucoup de voitures derrière. C’est pas possible, il traînait le lunch... »

Barrette s’est inspiré de cette histoire pour la raconter dans l’un de ses spectacles. « Mais j’ai cessé au moment où il a assisté à ma prestation devant un public. Il n’a pas apprécié... »

Dehors Communauto !

Un autre moment cocasse concernant Olivier. Michel ne sait pas exactement le nombre de voitures qu’il a achetées dans sa vie, mais dans sa collection, il compte quelques perles rares.

« Olivier se présente un jour à la maison pour me quêter une voiture, relate Barrette. Il entre dans mon garage et me demande laquelle il pourrait prendre. Il pointe alors une Cobra ou une Corvette.

« Je lui dis un instant mon gars. Penses-tu vraiment que tu vas sortir d’ici avec une telle voiture ? »

Olivier se déplace maintenant avec Communauto, cette entreprise qui propose un service d’autopartage de voitures.

« Une fois, il arrive à la maison avec une voiture de Communauto, renchérit Barrette. Je lui ai dit d’aller la stationner ailleurs. J’ai une réputation à défendre. Une Communauto dans ma cour ? Jamais. »

Coïncidence, Olivier Barrette a vu son rôle dans la populaire série Unité 9 se terminer par un accident de voiture.

« Chérie, je vais à la toilette... »

Michel Barrette en a fait des folies derrière le volant de bolides de course. À bord aussi de voitures de rue.

Il se rappelle avoir acheté une Honda Civic CVCC toute neuve pour remplacer sa Camaro Z28 1970 qu’il avait pratiquement démolie sur la route.

« Peu longtemps après mon achat, raconte l’humoriste, j’assistais à une course d’accélération et on a invité des spectateurs à tenter leur chance sur la piste avec leur propre voiture. »

« Je ne pouvais refuser une telle offre, poursuit-il. Je me suis levé de la tribune et ma première femme [qui détestait la course] m’a demandé où j’allais. “Chérie, je vais à la toilette.” »

« Mon œil... c’était pour aller courir, raconte Barrette. J’y suis allé avec ma nouvelle Civic. Ce n’était pas impressionnant, on atteignait le quart de mille en 19 secondes. Mais peu importe, je donnais le spectacle quand même. »

« Avant le feu vert, je braquais mes roues avant et j’appuyais à fond sur l’accélérateur. Puis, quand je lâchais la pédale d’embrayage, je laissais mes roues encore braquées. C’était de toute beauté. »

Chez le concessionnaire

Mais, se souvient Barrette, tout s’est gâté quand il s’est présenté le lundi matin chez le concessionnaire qui lui avait vendu sa Civic flambant neuve. Elle était évidemment en très mauvais état.

En se présentant au comptoir du service de Léo Automobiles à Chicoutimi, le commis lui dit que le patron, qu’il connaissait très bien, voulait lui parler.

« Je vais à sa rencontre et il me demande comment va ma voiture, explique Barrette. Je lui réponds très... très bien, mais il voulait surtout connaître le but de ma visite. »

« Pour un petit entretien, lui ai-je répondu. Puis il me demande ce que j’avais fait le week-end précédent.

« Bof, j’ai couru en stock-car samedi, ç’a bien été, j’ai fini quatrième. »

« Et le dimanche », s’interroge-t-il ?

« Bien tranquille, rien de spécial, lui ai-je affirmé. Puis il m’a dit que j’avais manqué un maudit bon spectacle à la piste d’accélération. Comment ça ? »

Comble de malheur, le patron était présent quand Barrette s’est éclaté sur la piste d’accélération !

« Oui, il était sur place malheureusement. Et il commence à m’engueuler. “Cette voiture n’est pas garantie contre les fous du volant” », me dit-il en me regardant tout droit dans les yeux.