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Un président sous influence

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« Je suis la personne la moins raciste qui existe sur terre », a déclaré le président des États-Unis, Donald Trump, à la suite du concert d’accusations de racisme dont de plus en plus d’Américains, y compris dans les propres rangs républicains, l’affublent. 

Malgré cette réprobation quasi générale, Trump n’en continue pas moins de lancer ses accusations, insultes et menaces à tous ceux qui ne pensent pas comme lui. Il y a quelques jours, c’était la ville de Baltimore qu’il a accusée d’être infestée de rats. Sa diatribe infecte n’a pas de limite. 

Vivant dans une bulle de verre, il répète ironiquement que les Afro-américains lui témoignent tous les jours son affection et leur approbation de ses politiques racistes, malgré les sondages qui prouvent tout le contraire. Répéter un mensonge une dizaine de fois et il deviendra vérité, disait un certain Goebbels. 

De plus en plus de législateurs ne se gênent plus pour refuser d’assister aux cérémonies officielles entourant certains événements historiques. Du jamais vu. Partout où il passe, Trump suscite la controverse et la stupeur avec ses propos indignes d’un président. Tout cela est calculé et n’a rien de spontané. Il s’assure ainsi du support de sa base radicale qu’il alimente de ses remarques racistes à propos des émigrants, des femmes, de ceux qui n’ont pas sa couleur de peau et des Mexicains, entre autres. Souvenez-vous qu’il avait affirmé que Barack Obama n’était pas né aux États-Unis. Cette stratégie, selon de nombreux commentateurs et journalistes, risque fort de porter fruit et de lui donner un second mandat lors des élections présidentielles de 2020. Les États-Unis et monde se retrouveront avec un président devenu extrêmement dangereux puisqu’il n’aura plus rien à perdre, ne pouvant solliciter un troisième mandat. Le pire est à craindre. 

Dans un même temps, il ne néglige pas le puissant lobby cubain de Miami et il multiple en ce moment les mesures contre le Venezuela et Cuba. Il a absolument besoin de ces appuis pour assurer sa victoire en novembre 2020 et c’est ce qui explique le train de mesures qu’il adopte par décret en ce moment pour saboter l’économie vénézuélienne, pays à qui il sert la même médecine que pour Cuba. Il y a quelques jours, il s’est emparé de tous les biens et avoirs du Venezuela aux États-Unis, un geste de piraterie éhonté qui a de graves répercussions puisque cela concerne principalement les ventes de pétrole, principale ressource de ce Puis un bateau transportant des vivres vers le Venezuela a été arraisonné dans le canal de Panama faisant fi des lois internationales. Il s’agit ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre et le Venezuela devra se défendre en faisant preuve détermination et d’ingéniosité. 

Sentant la présence de plus en plus directe et visible de la Russie dans ce que les États-Unis considèrent comme leur chasse-gardée depuis l’adoption de la doctrine Monroe, Washington multiple les mises en garde à l’égard de la Fédération de Russie et de la Chine, toute aussi active dans la région. La Russie et la Chine refusent l’unilatéralisme dans la résolution des problèmes internationaux et défendent une vision multipolaire, qui laisse infiniment plus de marge de manœuvre aux pays concernés. Parallèlement, les ventes d’armes russes au Venezuela n’ont cessé d’augmenter, ce qui inquiète fort les États-Unis, car ces ventes impliquent la présence sur place de centaines de conseillers militaires. 

Les blocus et les embargos de toutes sortes dont est victime le Venezuela risquent fort d’accélérer la radicalisation du processus démocratique au Venezuela, plutôt qu’un changement de gouvernement pro-étasunien. Les États-Unis ne semblent pas avoir compris cette dynamique implacable et ne semblent pas non plus avoir tiré une leçon de leur expérience cubaine. Là aussi, le pire est à craindre.