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Des retombées majeures sur l’économie de l’île

L’impact économique de la présence de travailleurs latinos s’apparente à celui des touristes sur l’île d’Orléans

Travailleurs étrangers à l’île d’Orléans
Photo Dominique Lelièvre Reynaldo Miguel, Gumersindo Zarate Martinez et Agustin Hernandez Lopez, originaires du Mexique, se rendent souvent à l’épicerie de campagne Ferland, à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans, après leur journée de travail à la ferme Valupierre.

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La présence des travailleurs étrangers est une véritable manne pour certains commerces de l’île d’Orléans avec des retombées qui s’apparentent parfois à celles des touristes.

« Quand les touristes commencent à arriver, il y a une grosse augmentation du chiffre d’affaires et quand les travailleurs étrangers arrivent, on le voit tout de suite également. Et ça augmente chaque année », explique Steven Vézina-Ferland, copropriétaire de l’entreprise l’Épicerie de campagne à Saint-Laurent-de-l’Île-d’Orléans.

« Ils viennent parfois seuls en vélo, parfois en groupe, d’autres fois à coup de 15 par autobus », ajoute l’autre copropriétaire, Emmanuel Ferland.

« On fait venir des bières mexicaines (parmi les marques accessibles au Québec), que nous ne gardons pas l’hiver, pour les accommoder », raconte Emmanuel Ferland.

« Dans la boucherie, nous avons beaucoup de produits déjà cuits, des ailes de poulet, du poulet préparé. Ce sont des produits qu’on avait déjà, mais on doit en faire plus l’été pour eux », ajoute son associé.

« Nous avons des travailleurs guatémaltèques tous les soirs. Je ne peux donner de chiffres précis (sur les ventes), mais leur présence a un impact », lance pour sa part Michelle Ferland, du dépanneur Ferland à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, tout juste à la sortie du pont.

À l’autre bout de l’île, Maude Nadeau, du Dépanneur du Quai, à Saint-François, estime que les travailleurs guatémaltèques des environs représentent environ 10 % de son chiffre d’affaires durant la saison estivale.

À table

Marco Ocampo, restaurateur d’origine mexicaine, a ouvert le Deli-Mex en 2001 sur la rue de la Couronne à Québec. Dès l’année suivante, il s’est rendu sur des fermes de l’île d’Orléans pour offrir des produits alimentaires du Mexique aux travailleurs étrangers.

« Nous allons tous les jours à l’île pour offrir des produits de base pour préparer de la nourriture mexicaine ; des tortillas, de la salsa, des fèves, des tostadas », explique le restaurateur qui importe ses produits directement du Mexique.

Durant l’été, M. Ocampo et sa conjointe diminuent les heures d’ouverture de leur restaurant, qui attire plus de clientèle durant la saison froide, ce qui leur permet de consacrer davantage de temps à leur commerce sur l’île. Durant la période actuelle, la vente de leurs produits mexicains représente plus de 80 % de leur chiffre d’affaires, précise M. Ocampo

En espagnol

Les travailleurs ont droit à des offices religieux dans leur langue. « Nous célébrons une messe en espagnol à la fin des mois de juin, juillet, août et septembre, le dimanche à 19 h », fait remarquer Jacynthe Lajeunesse, responsable de l’église de Saint-Laurent.

« Tous mes superviseurs parlent bien espagnol. Moi, je le parle un peu. S’ils ne le parlent pas bien au début, ils l’apprennent naturellement assez rapidement », explique André Gosselin, de l’entreprise Fraises de l’île d’Orléans, à Saint-Laurent, qui emploie une centaine de travailleurs étrangers..

Même la Caisse Desjardins de l’Île d’Orléans emploie une caissière qui se débrouille en espagnol, confirme Stéphanie Lecours, du service des communications de l’institution.