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La crise chez Boeing a des répercussions au Québec

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L’immobilisation de l’avion 737 MAX de Boeing commence à se faire sentir chez Héroux-Devtek, mais cela n’empêche pas l’entreprise québécoise de poursuivre sa croissance et de recruter.

Héroux-Devtek ne produit aucun composant pour le 737 MAX, mais comme le gros de l’attention de Boeing y est actuellement consacré, les autres projets de l’avionneur prennent du retard.

Or, Héroux fabrique des trains d’atterrissage pour le gros porteur 777 de Boeing et ambitionne de faire de même pour le 797, un avion de 250 sièges qui en est encore au stade de projet. Cet appareil est aussi connu sous le nom de MoM (middle of the market).

« Le MoM n’a pas été lancé cette année à cause du 737 MAX », rappelle Martin Brassard, un vieux routier d’Héroux-Devtek qui est devenu PDG en juin.

Bien positionnés

« Je suis allé à deux ou trois conférences chez Boeing pour préparer le lancement [du 797] avec d’autres fournisseurs stratégiques qu’ils invitaient, raconte M. Brassard. Il y avait beaucoup d’enthousiasme jusqu’à ce que le 737 MAX soit cloué au sol. Là, pour l’instant, les portes sont fermées. »

Le dirigeant croit fermement que Boeing finira par se sortir de sa torpeur.

« Comme nous travaillons déjà sur le 777, nous sommes bien positionnés, et en leur donnant le service qu’ils méritent on va être invités à soumissionner [pour le 797], ça, c’est sûr, sûr, sûr », lance-t-il.

La crise du 737 MAX a aussi repoussé à la toute fin de l’an prochain, voire à 2021, l’entrée en service du 777X, la nouvelle version du biréacteur géant. Pour l’instant, le report n’a pas d’incidence financière pour Héroux, mais la direction n’exclut pas qu’il y en ait.

Boeing est, et de loin, le plus gros client d’Héroux-Devtek, ayant généré 22 % de ses revenus l’an dernier. L’entreprise s’est toutefois rapprochée d’Airbus l’an dernier en mettant la main sur une de ses anciennes filiales, l’espagnole CESA.

Nouveaux postes

Héroux a publié hier des résultats largement supérieurs aux attentes pour son premier trimestre. L’entreprise a aussi revu à la hausse ses prévisions annuelles. À la Bourse de Toronto, son action a bondi de près de 5 % pour clôturer à 19,55 $.

Pour répondre à cette croissance, Héroux-Devtek prévoit embaucher une centaine de personnes au cours des six prochains mois. L’entreprise emploie actuellement près de 2000 personnes, dont la moitié au Québec.