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La Géorgie du Sud: un paradis insulaire austral

Manchots royaux sur une plage
Photo courtoisie, Benjamin Dy Manchots royaux sur une plage

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La Géorgie du Sud est une île en forme de croissant isolée dans l’océan austral, à environ 1800 km à l’est de la Terre de Feu depuis la pointe méridionale de l’Amérique du Sud. Longue de 170 km et large de 40 km au maximum, sa superficie est de 3755 km². Très montagneuse, elle compte 11 sommets s’élevant à plus de 2000 mètres d’altitude au sein de deux chaînes de montagnes, la chaîne d’Allardyce et la chaîne Salvesen.

Les montagnes et glaciers de la Géorgie du Sud
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Les montagnes et glaciers de la Géorgie du Sud

Le mont Paget avec ses 2935 mètres est le point culminant de l’île. Ainsi, environ 65 % de l’île est couverte par les glaciers. Le climat y est subpolaire océanique et caractérisé par la présence de forts vents d’ouest dans la zone des cinquantièmes hurlants situés entre le 50e et le 60e parallèle sud. Presque toutes les précipitations se font ici sous forme de neige. La Géorgie du Sud, perdue comme un refuge terrestre isolé dans l’océan austral, possède des conditions climatiques très rudes et des attraits paysagers magnifiques.

Éléphant de mer mâle adulte
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Éléphant de mer mâle adulte

Cette île joue également un rôle écologique majeur dans cette région du monde. En effet, 30 millions d’oiseaux nicheurs viennent trouver refuge sur cette île. Des prions, des puffins, des albatros, mais aussi et surtout des manchots royaux qui font office de stars sur les plages de la Géorgie du Sud. La population de ce deuxième plus grand manchot après le manchot empereur est estimée à environ 400 000 couples sur l’île. Elle se porte très bien puisque cette population a augmenté de 5 % par an au cours des 80 dernières années.

Réchauffement climatique

Grand albatros neigeux
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Grand albatros neigeux

Cependant, il se pourrait que les modifications thermiques de l’océan austral dans un contexte de réchauffement climatique global puissent amener, dans le futur, les adultes à parcourir des distances bien plus importantes pour se nourrir et influencer ainsi le taux de survie des jeunes. La pérennité de l’espèce n’est donc peut-être pas assurée à long terme. Les couleurs flamboyantes de ces manchots ne laissent pas insensibles. En effet, les motifs jaune vif qu’ils portent sur leurs têtes sont très caractéristiques et leur donnent sans équivoque la justification de leur nom « Royal », tant leur beauté est grande. Aussi surprenant soit-il, cette espèce peut plonger jusqu’à 15 minutes et descendre vers des profondeurs atteignant un peu plus de 200 mètres à la recherche de poissons et de calmars. Cependant, ils restent la majorité du temps entre 50 et 100 mètres au cours de leurs plongées.

Des manchots royaux adultes
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Des manchots royaux adultes

L’importance écologique de l’île n’en est pas moins importante pour les pinnipèdes. Sur les 700 000 éléphants de mer du sud que compte l’océan austral, 350 000 viennent se reproduire sur les plages de la Géorgie du Sud. Les énormes mâles, qui mesurent jusqu’à 5 mètres et pèsent parfois 4500 kg, défendent des harems de plusieurs dizaines de femelles et se livrent à des combats impressionnants.

Colonie de manchots royaux
Photo courtoisie, Benjamin Dy
Colonie de manchots royaux

Ces animaux ne reviennent à terre que pour la reproduction et y passent environ 20 % de leur vie. 80 % de leur vie est donc passé en mer, où ils se retrouvent 90 % du temps sous l’eau. De tous les phoques du monde, ils sont les champions incontestés des plongées en eau profonde, où ils effectuent des explorations pouvant atteindre 2000 mètres de profondeur pour des apnées de plus de deux heures. Mais ce n’est pas tout. Environ 95 % des 3,5 millions d’otaries à fourrure antarctiques de l’océan austral se reproduisent également sur cette île.

Envergure démesurée

Enfin, lorsque l’on parle de la Géorgie du Sud, comment ne pas parler du plus grand oiseau du monde en termes d’envergure ? Il s’agit naturellement de l’albatros hurleur ou Grand Albatros neigeux. Cet oiseau marin à l’envergure démesurée qui peut atteindre 3,50 m d’une extrémité à l’autre des ailes se joue des vents et parcourt l’océan austral sans effort sur des distances pouvant atteindre 183 000 km par an. Un oiseau d’une extrême beauté, tout comme ces côtes sauvages qui regorgent de vie. Une partie de sa population se reproduit ici dans un cycle extrêmement long. En effet, plus d’un an va s’écouler entre le moment où le couple va se retrouver pour parader et l’envol du jeune. Ainsi, le cycle de reproduction du Grand Albatros neigeux est le plus long au monde chez les oiseaux volants.

La Géorgie du Sud fait partie de ces derniers sanctuaires abandonnés à la vie sauvage sur terre.

C’est un Éden absolument magnifique.


♦ Benjamin Dy est biologiste et ­photographe de faune sauvage. Il prend plaisir à parcourir des territoires peu explorés.