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Le jackpot du PDG d’Air Canada

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Quel manque de tact de la part du PDG d’Air Canada, Calin Rovinescu !

Le 1er août, soit à trois semaines du vote crucial des actionnaires de Transat sur l’offre d’achat d’Air Canada, M. Rovinescu a décidé de profiter du prix élevé de l’action d’Air Canada pour liquider un imposant bloc d’actions. Et ainsi empocher un gros lot de 52 millions $.

En tant que personne clé d’Air Canada qui tente d’acquérir Transat, je trouve que ça n’a pas de bon sens que M. Rovinescu liquide un bloc d’actions juste avant que les actionnaires de Transat se prononcent sur son offre.

Il faut savoir que c’est lui qui a multiplié les démarches en vue de convaincre le conseil d’administration de Transat d’accepter l’offre d’Air Canada.

M. Rovinescu n’est pas sans savoir que le titre d’Air Canada a explosé depuis le 5 octobre 2018, moment où il a enclenché les discussions avec le grand patron de Transat, Jean-Marc Eustache.

L’action est passée de 25,41 $ à un sommet historique de 47,43 $ le 30 juillet, en hausse de 86,6 %. M. Rovinescu a liquidé ses actions à un prix moyen de 44 $ et des poussières.

POURQUOI VENDRE

Le PDG sait pertinemment que la décision des actionnaires de Transat peut avoir une incidence importante sur le cours des actions d’Air Canada et de Transat.

L’acceptation de l’offre d’Air Canada est loin d’être acquise, alors que le Groupe Mach tente de la bloquer et que les gros actionnaires (Letko Brosseau, Fonds de solidarité, Caisse de dépôt) n’ont pas encore révélé s’ils allaient voter pour ou contre l’OPA.

Sachant cela, pourquoi a-t-il décidé de passer à la caisse avant ledit vote crucial sur l’offre d’Air Canada ?

Était-il financièrement dans le besoin ?

Quelle était, déjà, sa rémunération l’an dernier ? Rovinescu a gagné 11,55 millions $, l’une des plus grosses rémunérations au sein de la confrérie des PDG canadiens.

Mais tout est relatif dans la vie.

On se rend compte finalement que sa rémunération de l’année dernière... c’est du « petit change » comparé aux 52,7 millions $ de profits (vous avez bien lu «profits») que M. Rovinescu a empochés en liquidant un bloc de 1,27 million d’actions acquises par levée d’options.

AUCUNE URGENCE

Était-il obligé d’exercer immédiatement les options du bloc d’actions vendues ? Absolument pas !

Les options d’achat d’actions exercées venaient à échéance l’an prochain, dont une première tranche le 1er avril 2020, et une seconde le 27 juin 2020.

Que va-t-il faire avec cet alléchant profit de 52,7 millions $ ?

« M. Rovinescu, indique-t-on dans un communiqué d’Air Canada du 6 août, prévoit affecter le produit tiré de la vente des actions à la diversification de ses placements, à la planification successorale et au financement de sa fondation familiale en vue de dons de bienfaisance. »

J’avais donc tort de penser qu’il avait vendu par cupidité !