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Quand Justin inspire le Bloc

Le chef du Bloc québécois, 
Yves-François Blanchet.
Photo d'archives Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.

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Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, compte s’inspirer d’un certain Justin Trudeau pour redonner vie à son parti aux prochaines élections fédérales d’octobre.

Le Justin Trudeau de la campagne de 2015, plus précisément. Celui qui a réalisé l’improbable en prenant le pouvoir après être parti de la 3e place. Un exploit unique dans l’histoire canadienne, réalisé en bonne partie grâce à une campagne essentiellement positive.

« Peut-être que dans les dernières années, le Bloc a perdu cette capacité de susciter l’enthousiasme et une pensée plus positive », croit M. Blanchet, que Le Journal a rencontré dans un pub de Gatineau, jeudi.

« J’ai l’impression que depuis 1995, on a continué à dénoncer le Canada et on a arrêté de proposer ce que pourrait être le Québec. »

Notoriété

M. Blanchet fait actuellement le tour de la province, dans l’espoir de se faire connaître. Il était de passage dans un marché public de l’Outaouais cette semaine.

On verra bien si le nouveau chef du Bloc réussira à incarner l’image du bon gars optimiste. Et si oui, pendant combien de temps. Car il s’en doute, ses adversaires vont essayer de lui faire perdre les nerfs lors des débats des chefs.

Il redoute d’ailleurs ce moment. D’un côté, les débats seront l’occasion de régler une fois pour toutes son problème de notoriété. Mais il est aussi conscient que l’exercice est périlleux.

« Tu mets en jeu l’ensemble de la campagne en deux heures », confie-t-il, se disant déjà nerveux à l’idée de monter dans l’arène pour un débat télévisé. Il sera épaulé dans sa préparation par l’ancien chef Gilles Duceppe.

« Goon »

Le Bloc québécois a fait élire dix députés en 2015. Yves-François Blanchet souhaite au moins doubler cette performance en octobre. Dans ses rêves les plus fous, le Bloc obtiendrait la balance du pouvoir à Ottawa, dans un parlement minoritaire.

Le combatif et charismatique leader a essayé de se débarrasser de sa réputation de goon de la politique au cours des dernières années durant son passage dans les médias comme analyste.

On lui a collé cette étiquette lors de son passage en politique provinciale à Québec, aux côtés de Pauline Marois. Il n’a pas toléré, à l’époque, que des collègues péquistes s’en prennent ouvertement à la chef. Le fort en gueule a « complété quelques mises en échec » pour leur fermer le clapet.

Contrairement au chef libéral, M. Blanchet n’est pas naturellement attiré par les bains de foule. Serrer des mains et cajoler les bébés d’autrui ne sont pas ses activités préférées. Mais il y prend goût.

Après quelques mois à sillonner le Québec, l’anthropologue de formation dit maintenant se sentir bien sous son chapeau de chef. Il se dit particulièrement inspiré par la réception généralement positive des gens.

« Le Bloc est là pour dire aux Québécois, avec le sourire, avec la bonne humeur, d’une manière positive : “Vous avez le droit d’avoir un projet qui vous appartient” », dit l’homme de 54 ans.

M. Blanchet a réussi à recoller les morceaux, en surface du moins, après le passage désastreux de Martine Ouellet à la tête de la formation politique. Les sondages placent tout de même le Bloc troisième dans la province, derrière les libéraux et les conservateurs.

On est à des années-lumière des beaux jours du Bloc prévague orange de 2011.

Environnement

Lors de la prochaine campagne, le parti veut faire de l’environnement son principal enjeu. M. Blanchet se dit d’abord et avant tout écologiste.

Ses adversaires l’attendent au détour. Et il le sait. Après tout, M. Blanchet a fait partie d’un gouvernement, celui de Pauline Marois, qui a voulu défigurer l’île d’Anticosti en permettant l’exploration pétrolière.

C’est le même gouvernement qui a donné le feu vert à Enbridge pour l’inversion de son pipeline de l’Ontario vers le Québec. M. Blanchet occupait à l’époque un poste stratégique, celui de ministre de l’Environnement.

Le chef du Bloc soutient aujourd’hui qu’il a rapidement changé d’avis concernant l’exploitation du pétrole sur Anticosti.

Justin Trudeau ne sera pas le seul chef qui devra défendre sa crédibilité environnementale.